Le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba a présidé le 1er octobre 2026 dans la salle de conférence de son département, la première session du Comité national de pilotage de la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du bétail malien.
Élaborée conformément aux instructions du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, cette stratégie ambitionne de stabiliser et de sécuriser à l’horizon 2034 le cheptel transhumant malien sur les espaces aménagés avec une production optimale à la clef.
Le secteur de l’élevage occupe une place majeure dans l’économie et la vie des populations rurales au Mali. Mais, aujourd’hui, le cheptel national fait face à une série de défis qui compromettent sa mobilité, sa sécurité et sa productivité. C’est pour répondre à ces préoccupations que le gouvernement, à travers le ministère de l’Elevage et de la Pêche, a conçu la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du bétail malien qui a tenu, le 1er octobre 2026, la première session de son Comité national de pilotage.
Un cheptel confronté à de multiples menaces
Dans son discours d’ouverture des travaux, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a insisté sur l’importance de la rencontre. Selon lui, la session doit permettre de fixer le cap d’un véritable dispositif de coordination des actions destinées à stabiliser et sécuriser le bétail malien.
Le bétail malien est aujourd’hui confronté à plusieurs menaces, a expliqué le ministre Youba Ba. Parmi celles-ci figurent l’insécurité, les changements climatiques et la réduction des saisons de pâturage. À ces difficultés, a-t-il précisé, s’ajoutent la pression foncière, l’urbanisation croissante et la raréfaction des espaces pastoraux. Les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs autour de l’accès à l’eau et aux terres constituent également une source de préoccupation, a avoué le Ministre de l’élevage et de la Pêche. Il a, enfin, évoqué les maladies transfrontalières qui représentent une menace supplémentaire pour les troupeaux.
Le Ministre Ba a fait la genèse de la stratégie nationale élaborée sur instruction du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta par le ministère de l’Elevage et de la Pêche en plusieurs étapes. «L’un des premiers ateliers s’est tenu à Sélingué du 9 au 15 juin 2024. À l’issue du processus, le document a été validé et approuvé par le Décret n°2025-0435/PT-RM du 3 juillet 2025. Le cadre institutionnel de pilotage et de suivi a ensuite été fixé par le Décret n°2026-0260/PT-RM du 5 mai 2026, qui détermine les organes chargés de la gouvernance, de la coordination, du suivi et de l’évaluation de la stratégie», a rappelé le ministre Ba.
8 milliards de FCFA pour le plan quinquennal
La stratégie fixe une ambition claire : « à l’horizon 2034, le cheptel transhumant malien est stabilisé et sécurisé sur les espaces aménagés avec une production optimale». L’objectif général est de contribuer à la stabilisation et à la sécurisation du bétail sur les territoires nationaux, avec pour finalité d’accroître la contribution du sous-secteur de l’élevage au produit intérieur brut et à l’emploi.
La mise en œuvre de la stratégie nécessite également des moyens financiers conséquents. Le plan quinquennal 2025-2029 prévoit une enveloppe globale de 8 milliards de FCFA, débloqué par le gouvernement. En effet, une première réalisation a déjà été enregistrée à Yanfolila, où un périmètre pastoral a été aménagé en 2025. Un autre projet était prévu à Kangaba, mais n’a pas pu être exécuté en raison de difficultés liées au site.
Le chef du département en charge de l’Elevage et de la Pêche a cependant annoncé l’obtention récente d’un titre foncier portant sur 200 hectares, permettant d’envisager la réalisation du projet. Les prochaines années devraient être consacrées à l’intensification des investissements et à la mise en œuvre des différentes actions prévues dans le plan.
Pour Youba Ba, les ressources publiques ne pourront, à elles seules, répondre à l’ensemble des besoins. La mobilisation des partenaires techniques et financiers apparaît donc comme un enjeu majeur. Il a également appelé à renforcer l’ouverture aux partenaires, afin de soutenir la réalisation des objectifs de la stratégie, présentée comme étant en cohérence avec l’Agenda 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033.
Cadre de dialogue entre les pouvoirs publics, les services techniques, les producteurs et les organisations professionnelles, cette première session du Comité national de pilotage a examiné l’état de mise en œuvre de la stratégie, les contraintes rencontrées et les perspectives. Ses recommandations devraient permettre d’améliorer l’exécution du plan d’action et d’identifier de nouvelles sources de financement.