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Regards croisés : « 22 Septembre 1960 – 22 Septembre 2026 : Le Mali a 66 ans. Entre espoirs, tumultes et quête de souveraineté réelle, le pays amorce sa refondation »
Publié le lundi 5 octobre 2026  |  Le challenger
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Le 22 septembre 2026, le Mali a célèbré le 66è anniversaire de son indépendance, marqué par une transition politique populaire sur fond de lutte acharnée pour la souveraineté nationale.

Entre réformes, alliances stratégiques et montée en puissance de l’armée, le pays réaffirme, désormais, sa souveraineté et son intégrité et amorce, véritablement, sa refondation.


Ce mardi 22 septembre 2026 a connu d’imposantes manifestations de prises d’armes à Bamako et dans les différentes capitales régionales. Toutes choses, qui ont laissé entendre que le Mali va célébrer, avec faste, son 66è anniversaire d’indépendance, dans un contexte, particulièrement, symbolique. Le pays, en pleine transition politique, depuis août 2020, vit une période de refondation profonde. Une ère de renouveau, où notre pays renoue avec sa souveraineté, sa fierté et son intégrité.

Ainsi, ce 66è anniversaire n’est donc pas qu’une simple date de commémoration, mais bien le reflet d’un Mali en pleine transformation, prêt à tracer sa propre voie, loin des diktats extérieurs, en témoigne les dynamiques enclenchées (les Assises nationales de la refondation (ANR) la promulgation de la nouvelle Constitution, le Dialogue inter-maliens, la refondation institutionnelle de plusieurs secteurs vitaux, notamment, la loi sur le secteur minier et son contenu local, etc.).

Cette célébration intervient dans un contexte difficile, où les groupes armés terroristes subissent de lourds revers, acculés dans leurs derniers retranchements, ils multiplient des tentatives désespérées contre les populations et leurs biens. A cela s’ajoute le complot de l’ancien colonisateur et certains pays voisins contre notre pays. C’est, donc, à travers une célébration de la souveraineté retrouvée, avec fierté et force, que le 22 Septembre 2026 a été fêté avec faste.

En effet, le 22 Septembre 1960, le drapeau (Vert – Jaune – Rouge) du Soudan, devenu Mali, flottait pour la première fois dans le concert des nations libres. Ce jour-là, les pères de l’indépendance, Modibo KEÏTA et ses compagnons, ont accueilli l’indépendance, avec ferveur, convaincus d’ouvrir un nouveau chapitre de dignité et d’émancipation. Soixante-six ans plus tard, le parcours du Mali est à l’image de son peuple : résilient, courageux, mais souvent confronté aux tempêtes de l’histoire.


UN MALI DEBOUT, RESILIENT ET DETERMINE

Entre, défis sécuritaires, économiques et sociopolitiques, en 66 ans de marche de souveraineté, notre pays n’a jamais suivi une ligne droite, mais, il ne s’est jamais arrêté de marcher, non plus. Les espoirs ont, parfois, été déçus, mais, ils ont toujours su renaître. Les désillusions n’ont, jamais, totalement étouffé la foi d’un peuple, qui aspire à une souveraineté réelle. Dans ce contexte actuel de notre pays marqué par une gouvernance de transition, avec comme ligne directrice : une souveraineté réaffirmée et comme principes clés « le respect de la souveraineté́ du Mali, le respect des choix stratégiques de partenariat opérés par le Mali, la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien, dans les décisions prises »

Ainsi, en rompant avec certains schémas hérités de l’ancienne méthode de gestion du pays, les nouvelles autorités de notre pays ont décidé de donner un contenu concret à notre indépendance, à travers nos choix de sécurité et de défense, de développement, nos systèmes éducatif, économique, judiciaire etc…, pensés par nous-mêmes, qui sommes longtemps restés à l’apanage d’autres personnes et obéi à d’autres logiques que les nôtres.

Désormais, notre pays respire une indépendance assumée, enracinée dans nos valeurs ancestrales, nos intérêts et notre vision du monde préservés. Une souveraineté, qui ne se limite plus à un drapeau ou un hymne national, mais, qui se traduit par la maîtrise de nos ressources, de la sécurité de notre territoire, la dignité de nos peuples et de nos institutions et la liberté de nos décisions. Ainsi, le Mali nouveau ne se construira, ni dans le ressentiment, ni dans l’illusion. Il se bâtira dans la lucidité, la responsabilité collective et le courage de tracer une voie souveraine, à notre mesure, à notre rythme. Et, le 22 Septembre, plus qu’un anniversaire, est devenu une invitation à l’engagement, à l’unité et à la vigilance. Car, l’indépendance n’est, jamais, acquise une fois pour toutes, elle se défend, se construit, se renforce et se vit chaque jour.


UN ÉTAT MALIEN SOUVERAIN, MAITRE DE SES DECISIONS

Depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de la Transition, une dynamique nouvelle s’est installée. Certes, la crise sécuritaire reste un défi majeur, mais il est impossible d’ignorer la montée en puissance de l’armée malienne. Cette dernière, désormais, autonome, bien encadrée et confiante, a pris les choses en main pour défendre le territoire national. Fini le temps où la sécurité du pays dépendait de forces étrangères souvent déconnectées des réalités locales et opérant sur d’autres agendas. Aujourd’hui, c’est l’armée malienne, qui mène la danse, avec des victoires stratégiques à la clé, comme la résistance héroïque d’Anéfis, face à des milliers de terroristes et mercenaires, le 10 juillet 2026, une ville stratégique de la région de Kidal, jamais tombée entre les mains de l’ennemi.

Cette montée en puissance n’est pas qu’une question militaire. Elle s’inscrit dans une démarche plus large : celle de la reconquête de la souveraineté nationale. Et c’est là que le rôle des autorités de la Transition prend tout son sens. En l’espace de cinq ans, elles ont initié des réformes politiques, institutionnelles et économiques majeures pour remettre le pays sur les rails. Certes, tout n’est pas parfait et le chemin est encore long, mais, les balises de la refondation, d’un Mali plus fort et plus autonome, sont bien posées. Ces réformes ne se contentent pas de traiter les symptômes, elles s’attaquent aux racines mêmes des problèmes, avec une vision claire : celle d’un État malien souverain, maître de ses décisions. Tous ceux-ci, dans un souci d’éviter un éternel recommencement. En dépit de certaines gesticulations politiciennes, il reste évident que cette transition s’inscrit dans une vision durable pour la prospérité et l’émergence du Mali.


Il faut dire que cette montée en puissance de l’Armée malienne est tributaire de plusieurs initiatives visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des Forces armées, particulièrement, l’amélioration de la gouvernance de l’institution militaire, marquée par la réforme du système de gestion des ressources humaines et le renforcement des capacités opérationnelles, de l’acquisition d’armements de pointe aériens et terrestres, du renforcement des ressources humaines, à travers les programmes de formation continue adaptée et l’aguerrissement des hommes.

En outre, plusieurs initiatives sont développées en faveur de l’amélioration des conditions d’évolution et de vie des FAMa. Ainsi, la création et l’opérationnalisation de l’École de guerre du Mali est une évolution majeure, en matière de formation des officiers.

Pour ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des FAMa, la construction, en cours, de 4000 logements au profit des Forces de défense et de sécurité à Kati. Composé de 374 villas pour officiers, 1852 logements pour sous-officiers, 1504 logements pour militaires du rang et 106 infrastructures collectives, exclusivement, par le budget national. L’autre chantier phare est la construction de 80 camps, au total, dans 26 villes. Aussi, dans le but d’assurer le maillage sécuritaire du territoire national, les autorités de la Transition ont décidé de construire des camps militaires dans les nouvelles régions, notamment : Bougouni, Koutiala, San, Kita, Douentza, Dioïla, Bandiagara, Nioro du Sahel. Ces nouveaux camps renforceront le dispositif de sécurisation des régions concernées.


Pour renforcer ses capacités opérationnelles, l’Armée malienne a acquis, d’août 2020 à nos jours, plusieurs variétés d’équipements militaires : des avions de chasse russes et des hélicoptères d’attaque Mi-24/35, des drones turcs Akinci, des blindés chinois et russes, des véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses, ainsi que des véhicules logistiques comme des camions et autres citernes. Les FAMas ont reçu de nouveaux équipements militaires composés de véhicules blindés, d’armes de nouvelle génération et de munitions. L’arrivée régulière d’un important lot d’équipements militaires dont l’acquisition vise à améliorer davantage la capacité de notre Armée à lutter contre le terrorisme et l’insécurité sur le territoire national. Bref, l’Armée malienne de 2026 n’a rien à voir avec celle de 2020 , grâce aux efforts remarquables déployés pour sa montée en puissance. Ces efforts ont amené un changement de posture chez les FAMa, passant d’une stratégie de « repli tactique » à une approche offensive renforcée marquée par des opérations aéroterrestres ciblées, pour neutraliser les bases logistiques et convois des groupes armés.

L’AES, UNE DEMARCHE IRREVERSIBLE POUR DEFENDRE LES INTERETS DU SAHEL

En effet, la quête de souveraineté du Mali s’est, également, traduite par une réorientation diplomatique majeure. Jadis tourné vers l’Occident, à travers une diplomatie de deux poids deux mesures, le Mali, en exprimant sa volonté souverainiste, a été lâché par ses alliés traditionnels, à la volonté hégémonique, notamment la France et autres, pour forger de nouvelles alliances avec des puissances comme la Russie, la Chine ou encore la Turquie, l’Iran, etc. Ce n’est pas simplement un changement de partenaires, mais, plutôt, une réappropriation de la diplomatie malienne, désormais, centrée sur les intérêts du pays et non plus dictée par des agendas extérieurs, avec comme principe fondamental « le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques de partenariat et la défense des intérêts vitaux du peuple malien. »


En effet par « Respect de la Souveraineté Nationale », le Mali insiste, en fait, sur l’importance de sa souveraineté dans toutes ses relations internationales. Cela signifie que le pays souhaite établir des partenariats, qui ne compromettent pas son autonomie et sa capacité à prendre des décisions indépendantes, concernant son développement et sa politique étrangère.

Pour ce qui concerne le « Respect des Choix Stratégiques », le Gouvernement, sous la vision éclairée du Général d’Armée, Assimi GOÏTA, souligne, également, le respect des choix stratégiques opérés par le Mali. Cela implique que les partenaires internationaux doivent reconnaître et soutenir les décisions prises par le Mali en matière de politique et de développement, sans imposer de conditionnalité, qui pourrait nuire à ses intérêts.

En outre, la « Défense des Intérêts Vitaux du Peuple Malien », est un autre principe fondamental, qui prend en compte des intérêts vitaux du peuple malien, dans toutes les décisions prises.

Bref, notre pays a choisi ses amis et se refuse, dorénavant, de n’être qu’un pion dans la géopolitique internationale. Cette nouvelle dynamique trouve un écho retentissant avec la création de la Confédération des États du Sahel (AES), à la suite de la signature du Pacte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023, en partenariat avec le Burkina Faso et le Niger. Cette alliance régionale, qui symbolise la solidarité entre trois nations sœurs, partageant les mêmes frontières et les mêmes défis sécuritaires, est bien plus qu’un pacte politique : elle représente une vision partagée de souveraineté et de défense commune, un rempart face aux ingérences extérieures. Ensemble, ces pays forment un bloc uni et résolu à reprendre le contrôle du destin des trois pays du Liptako-Gourma.

LE MALI RESOLU A REDEFINIR SON AVENIR ET SON DEVELOPPEMENT

En son 66è anniversaire d’indépendance, notre pays peut se targuer d’avoir franchi des étapes cruciales. Bien sûr, le chemin reste semé d’embûches, mais, une chose est certaine : le Mali ne reviendra pas en arrière. Il avance, avec ses propres choix, ses propres partenaires et, surtout, avec la fierté de construire un avenir, où la souveraineté nationale n’est plus une illusion, mais, une réalité tangible. Ce n’est pas seulement une fête d’indépendance, c’est une renaissance, une nouvelle page, qui s’écrit dans l’histoire d’un Mali debout, résolu à prendre son destin en main.

Après cinq années de transition, le Mali se trouve à un carrefour historique. Malgré les défis sécuritaires, économiques et diplomatiques persistants, les autorités de la Transition appellent à l’unité et au soutien populaire pour consolider les acquis et préparer l’avenir avec sérénité.

En somme, le bateau Mali, qui aura jadis tangué, se redresse, fièrement, aujourd’hui, et, poursuit son parcours de refondation, avec à bord un peuple résilient, déterminé à se donner un nouvel avenir, sous le leadership du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA. Un Chef de l’Etat, qui reste engagé et résolu à servir la cause du MALI, et, qui compte sur le soutien indéfectible de ses compatriotes de l’intérieur comme de l’extérieur.

CIGMA (éditorial de l’édition du 22 Septembre)

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Réaction d’Ibrahima Kébé Tamaguidé :
« Le Mali est un État indépendant et souverain depuis le 22 septembre 1960 »

Dans une tribune publiée dans « Ye taa » n°30 du 26 septembre 2026, Ibrahima Kébé Tamaguidé réagit à l’article du CIGMA. Le jeune leader et défenseur de l’héritage du Président Modibo Kéita rappelle que la souveraineté du Mali n’est pas née en 2020 et qu’on peut construire aujourd’hui et même demain sans effacer hier.

L’article du Centre d’Information Gouvernementale du Mali (CIGMA) consacré au 66e anniversaire de l’indépendance nationale reconnaît à juste titre Modibo Keïta et ses compagnons comme les «pères de l’indépendance ». Il présente toutefois la période actuelle comme celle où le Mali aurait « retrouvé » sa souveraineté ou lui aurait, pour la première fois, « donné un contenu concret ».

Une question historique s’impose alors : « Renouer avec quoi ? Retrouver quelle souveraineté ? »

Le Mali est devenu un État indépendant et souverain le 22 septembre 1960. La Première République n’a pas attendu 2020 pour poser des actes concrets de souveraineté.

Une souveraineté déjà concrètement affirmée

À titre d’exemples :

Dès le 20 janvier 1961, Modibo Keïta exige l’évacuation des bases militaires françaises de Bamako, Kati, Gao et Tessalit, au nom de la souveraineté et du principe de non-ingérence. Quelques mois plus tard, ces bases sont effectivement évacuées.

En 1962, le Mali crée sa banque centrale nationale et met en circulation le franc malien. La Banque de la République du Mali reçoit le privilège exclusif d’émettre la monnaie sur le territoire national. Le Mali de Modibo affirme ainsi sa souveraineté monétaire en rompant avec le système CFA.

La Première République crée également des sociétés et entreprises d’État, développe les coopératives, organise la planification économique et cherche à reprendre le contrôle du commerce extérieur. La SOMIEX, créée en 1960, reçoit notamment le monopole des importations et exportations de plusieurs produits.

L’indépendance ne se résumait donc pas au drapeau et à l’hymne. Elle s’accompagnait déjà d’une volonté de construire les bases matérielles de la souveraineté.

La rupture avec les modèles hérités ne commence pas en 2020

L’article évoque une rupture avec « certains schémas hérités de l’ancienne méthode de gestion du pays ». Là encore, l’histoire mérite d’être précisée.

Dès 1960, la Première République place au cœur de son projet la décolonisation économique, la planification et la maîtrise nationale de l’économie.

Une indépendance politique sans indépendance économique ne pouvait suffire. La véritable libération nationale devait également passer par la maîtrise des instruments de production, d’échange et de développement.

Cette ambition concernait aussi l’éducation. En 1962, la Première République engage une profonde réforme de l’enseignement, avec l’objectif de rompre progressivement avec le système éducatif hérité de la colonisation, d’élargir l’accès à l’école et de former les cadres nécessaires au développement du Mali et de l’Afrique.

La souveraineté se construisait donc dans l’armée, la monnaie, l’économie, l’école, la formation des cadres, enfin dans tous les domaines de la vie nationale.

Une diplomatie indépendante

L’article évoque également un Mali «… jadis tourné vers l’Occident ». Cette formulation mérite, elle aussi, d’être nuancée.

La diplomatie de la Première République affirmait l’indépendance et la souveraineté du Mali. Le pays était engagé contre la colonisation, l’impérialisme et le néocolonialisme, et en faveur des luttes de libération nationale.

Le Mali de Modibo Keïta diversifiait ses relations sans se placer sous la tutelle d’une puissance. Sa ligne politique reposait notamment sur le SOCIALISME SCIENTIFIQUE, avec pour finalité l’exercice plein et entier de la souveraineté nationale et internationale.

La Première République a connu ses débats, ses contradictions et ses limites. Mais son orientation et sa pratique diplomatiques doivent être distinguées de celles des périodes qui lui ont succédé.

Une nouvelle étape, pas une nouvelle naissance

Il ne s’agit ni de nier les actes posés depuis 2020, ni d’opposer les autorités actuelles à celles de la Première République.

Il s’agit de respecter la continuité historique de l’État malien.

Le Mali d’aujourd’hui peut consolider sa souveraineté, lui donner de nouvelles dimensions et ouvrir une nouvelle étape. Mais une nouvelle étape ne signifie pas une nouvelle naissance.

La souveraineté malienne n’est pas née en 2020. Elle a été affirmée dès la Première République par des décisions politiques, militaires, économiques, monétaires, éducatives et diplomatiques concrètes.

La véritable question historique n’est donc pas de savoir qui a inventé la souveraineté, mais comment chaque génération l’a défendue, préservée, perdue ou reconquise.

Le Mali peut écrire une nouvelle page de son histoire. Mais une nouvelle page ne rend pas les précédentes inexistantes.

La Première République n’est pas une parenthèse. Elle constitue l’un des fondements de la conscience souverainiste malienne.

Défendre la souveraineté aujourd’hui, c’est aussi respecter ceux qui en ont posé les premières pierres.

Ibrahima Kébé Tamaguidé

NB : le surtitre et le chapeau sont de la rédaction

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