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Audite l’ambassade du Mali au Caire : Le Végal décèle plus de 600 millions F CFA de préjudices
Publié le lundi 12 octobre 2026  |  L’aube
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© aBamako.com par momo
Vérificateur Général
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Dans le cadre de sa mission républicaine d'assainissement de la gestion publique et de lutte contre la malgouvernance, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a rendu public son rapport de vérification financière et de conformité relatif à la gestion de l'Ambassade du Mali au Caire.

Portant sur les exercices 2022, 2023, 2024, 2025 ainsi que le premier trimestre 2026 (jusqu’au 31 mars), ce contrôle minutieux a passé au criblage les dépenses de personnel, les crédits de fonctionnement, les investissements, le suivi des recettes de chancellerie et la gestion des fonds transférés par la Paierie Générale du Trésor.


Le diagnostic rendu par les auditeurs est sans appel : le montant total des irrégularités financières s’élève à 625.938.181 FCFA. Si ce chiffre constitue un constat d’audit strict à ce stade, sa transmission aux organes de régulation et de poursuite marque une étape déterminante dans la chaîne de redevabilité des deniers publics.

L’analyse détaillée du rapport révèle que l’essentiel du préjudice financier repose sur deux mécanismes majeurs de dysfonctionnement, totalisant à eux seuls 583.384.448 FCFA, soit environ 93,2% du montant global incriminé.

La catégorie la plus lourde concerne des manques à gagner sur les opérations de change, évalués à 361.066.488 FCFA. Selon le BVG, ces écarts substantiels proviennent des opérations de conversion d’euros en livres égyptiennes effectuées pour régler les charges de fonctionnement de la représentation diplomatique — des gains de change substantiels qui auraient dû être régulièrement comptabilisés et reversés dans les caisses de l’État.

Le second poste d’irrégularité majeure, chiffré à 222.317.960 FCFA, se rapporte à des dépenses qualifiées de fictives. Les vérificateurs y ont consigné des anomalies flagrantes portant notamment sur des frais de scolarité non justifiés, des charges d'hébergement indues ainsi que des majorations injustifiées sur les contrats de bail de loyer.

En complément de ces deux axes centraux, la mission de vérification a répertorié cinq autres catégories d’anomalies financières qui complètent le montant global : 26.349.695 FCFA de dépenses qualifiées d'indues ; 8.648.172 FCFA d'avantages financiers accordés au personnel sans base réglementaire légale ; 3.810.667 FCFA de recettes de chancellerie perçues mais non reversées ;

3.078.000 FCFA au titre d'indemnités de déplacement et de mission jugées indues ;

667.199 FCFA représentant des minorations constatées lors de la perception des droits de visas et de timbres fiscaux.

Négligences administratives et entorses graves à la comptabilité publique


Outre le volet purement financier, la vérification met en lumière des carences structurelles et administratives préoccupantes au sein de la chancellerie. Le rapport note que le secrétariat chargé de la comptabilité ne tenait pas plusieurs registres légaux obligatoires requis par la réglementation comptable en vigueur.

Les défaillances constatées touchent la tenue du livre des recettes, du registre des dépenses, la comptabilité des quittanciers, la comptabilité-matières, l'enregistrement exhaustif des frais bancaires prélevés, ainsi que la gestion et le rapatriement des reliquats de fonds inutilisés. À ce sujet, le compte rendu souligne que plus de 108 millions de FCFA de fonds publics inemployés gisaient sans justification sur les comptes bancaires de l’ambassade au lieu de faire l’objet d'un reversement conforme aux règles du Trésor public.

Face à ces dérives, le BVG a formulé des recommandations impératives visant à restaurer la rigueur budgétaire, exigeant la tenue régulière des documents comptables, la traçabilité intégrale des frais bancaires et le rapatriement systématique des ressources non consommées.

Conformément au principe du contradictoire qui régit les missions du BVG, les responsables de la diplomatie malienne au Caire ont été invités à fournir leurs observations et pièces justificatives. Après examen rigoureux des réponses apportées, le Vérificateur Général a maintenu l'intégralité des griefs et des manques à gagner retenus dans le rapport définitif.

Soucieux de donner une suite institutionnelle et coercitive à ces constatations, le Vérificateur Général a transmis l'ensemble du dossier aux autorités juridictionnelles compétentes. Les faits susceptibles d'enfreindre les règles de la discipline budgétaire et financière ont été référés au président de la Section des comptes de la Cour suprême. Parallèlement, le dossier a fait l'objet d'une dénonciation formelle auprès du Procureur de la République près le Pôle national économique et financier.

Cette double saisine ouvre la voie à l'établissement des responsabilités individuelles et aux poursuites nécessaires. Elle illustre la volonté affichée des autorités de la Transition de veiller à la gestion vertueuse des ressources de la nation, y compris au sein des représentations diplomatiques à l'étranger.


Mémé Sanogo
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