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La coagulation des colères : La France de Macron en feu !
Publié le lundi 19 octobre 2026  |  L’aube
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Ce qui se joue en ce moment, samedi 17 octobre 2026, dans les rues de Paris, de Lyon, de Marseille ou de Toulouse n'est plus une succession de colères catégorielles. C'est un phénomène physique, presque chimique.

Des colères qui, hier encore, s'ignoraient, se méprisaient parfois, se retrouvent aujourd'hui dans le même cortège, sous la même banderole : celle de l'épuisement.


D'un côté, la jeunesse. Lycéens qui découvrent que le bac ne suffit plus à ouvrir une porte, étudiants qui comptent leurs euros à la fin du mois entre un loyer indécent et un job alimentaire, qui manifestent contre la précarité, Parcoursup, la vie chère sur les campus. Ils ne demandent pas la lune. Ils demandent de pouvoir étudier sans avoir faim.

De l'autre, la France qui travaille, qui a travaillé, qui n'arrive plus à vivre. Ouvriers, caissières, infirmiers, retraités, artisans. Cette France des ronds-points qui avait enfilé un gilet jaune en 2018 et qui ne l'a jamais vraiment ôté. Elle ne parle pas de réforme, elle parle de caddie vide, de facture d'électricité, de plein d'essence qui coûte un jour de travail. Son pouvoir d'achat ne s'érode pas, il s'effondre.

Et entre les deux, la jonction s'est faite. C'est cela, la coagulation. La jonction des ressentiments. L'étudiant qui comprend que son avenir sera celui de ses parents. Le salarié qui comprend que ses enfants vivront moins bien que lui. Deux France qui se croyaient étrangères et qui découvrent qu'elles ont le même adversaire : une politique budgétaire qui exige toujours plus de sacrifices à ceux qui n'ont plus rien à sacrifier.

Pour l'appareil sécuritaire, l'équation devient intenable. Comment encadrer à la fois une marche lycéenne pacifique et contenir les éléments radicaux qui viennent s'agréger aux cortèges pour en découdre ? Comment protéger le droit de manifester quand la foule n'est plus homogène mais composite, volatile, imprévisible ? Sur le terrain, les forces de l'ordre naviguent à vue.

Mais c'est au sommet de l'État que la pression est la plus forte. Cette coagulation sociale percute de plein fouet une fragilité institutionnelle inédite. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, sans majorité absolue, pris en étau entre Bruxelles qui exige des comptes et la rue qui exige de vivre, gouverne sous la menace permanente de la censure. Chaque arbitrage budgétaire, chaque mesure d'austérité votée à l'Assemblée devient une étincelle potentielle.

Ce n'est plus une crise sociale. Ce n'est plus une crise politique. C'est une crise de gouvernabilité. Le pouvoir ne parvient plus à convaincre que l'effort d'aujourd'hui servira à demain, parce que pour des millions de Français, demain n'existe plus.


On l'appelle "Bloquons tout". Mais en réalité, c'est tout qui bloque déjà.

KML
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