Le Palais de Koulouba a abrité, le mercredi 14 octobre 2026, l'un des actes les plus significatifs de la gouvernance de la Transition en matière de transparence financière.
Le Président de la Transition, Chef de l'État, le Général d'Armée Assimi Goïta, a reçu en audience solennelle le Bureau du Vérificateur Général (BVG) pour la remise officielle de ses rapports annuels au titre des exercices 2024 et 2025. 94 missions de vérification, des milliards d'anomalies relevées et des instructions fermes du Chef de l'État : la gouvernance de rupture entre dans sa phase de correction.
Une cérémonie à haute portée symbolique, tenue en présence du Président du Conseil National de Transition (CNT), le Général de Corps d'Armée Malick Diaw, du Premier ministre par intérim Alousseni Sanou ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances et des membres du Gouvernement, du pôle économique et financier ainsi que du Président de la Cour Suprême. C'est le Vérificateur Général, Aboul Aziz Aguissa, qui a remis les documents au Chef de l'État. Fait inédit depuis la création du BVG en 2003, deux rapports annuels ont été remis simultanément, traduisant la volonté de résorber le retard accumulé pour satisfaire aux obligations constitutionnelles de redevabilité.
Devant le Président de la Transition, le Vérificateur Général a synthétisé un travail de titan : en deux ans, 94 missions de vérification ont été menées à travers le pays, touchant les départements ministériels, les établissements publics, les collectivités territoriales, les projets financés par les partenaires techniques et financiers, ainsi que les sociétés d'État. Ces investigations ont alterné contrôles de conformité et audits de performance visant à mesurer l'efficacité réelle de la dépense publique.
Sans préjuger des chiffres détaillés destinés à la publication officielle, le BVG a fait état d'irrégularités financières et d'insuffisances de gestion se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Les constats se trient en trois catégories : les simples insuffisances administratives découlant d'une méconnaissance des procédures, la mauvaise gestion caractérisée nécessitant des sanctions administratives, et les présomptions de faits à caractère pénal relevant de la délinquance financière, déjà transmises au Pôle Judiciaire Spécialisé.
La réaction du Chef de l'État a été immédiate et intransigeante. Affirmant que le temps du contrôle formel est révolu, le Général Assimi Goïta a martelé : «C'est dans la correction que le contrôle trouve son utilité». Il a instruit le Premier ministre et l'ensemble de l'équipe gouvernementale de veiller à l'application rigoureuse et intégrale des recommandations. Deux directives majeures ont été formulées : la production par chaque département ministériel concerné d'un plan d'actions correctives chiffré et chronogrammé dans un délai de 30 jours, et l'accélération par le Garde des Sceaux du traitement judiciaire des dossiers pendants devant le Pôle Économique et Financier.