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Edito… Les ‘’péchés mignons’’ de la CEDEAO et l’hypocrisie de la communauté internationale dans le dossier malien !
Publié le mercredi 11 juillet 2012   |  Le Flambeau




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A l’heure où les observateurs les plus nantis de la planète annoncent une ‘’descente aux enfers’’ du Mali, eu égard à la double crise qui sévit actuellement au nord et au sud, la décence morale et l’objectivité intellectuelle m’obligent à jeter un regard rétrospectif sur la responsabilité de la CEDEAO et de la communauté internationale. Le coup d’état du 22 mars au Mali a été une aubaine pour la CEDEAO (pour ne pas dire son président en exercice, Alassane Dramane Ouattara), pour mesurer son leadership et assoir sa suprématie sur certains pays géo-stratégiquement importants. Pari gagné car, depuis lors, l’institution dicte, aux bons vouloirs de ses membres et au gré de leur humeur, ses lois sur le Mali.

Un autre pari gagné : la CEDEAO a joué un rôle important dans la crise malienne. Mieux, elle a posé des actes qui se sont avérés très fructueux pour la résolution des problèmes. Qu’à cela ne tienne, et l’arbre ne devant pas cacher la forêt, force est de reconnaitre que la CEDEAO n’a cessé d’accumuler des erreurs les unes aussi préjudiciables que les autres. Dans sa quête d’instaurer, dès les premières heures du coup d’Etat, le retour à l’ordre constitutionnel ; la CEDEAO a signé au détriment des aspirations réelles de la population malienne des engagements avec le CNRDRE qu’elle n’a pas respecté. Elle s’était, sciemment, soustrait de la position de toutes les forces vives de la nation créant du coup une divergence entre les maliens. Ses décisions, salutaires sur certains plans, se sont avérées le plus souvent infructueuses faute de mures réflexions et de précipitation. La preuve, elle n’a pas été à mesure de proposer une feuille de route digne de ce nom au conseil de sécurité. Et Aujourd’hui, dans un sommet sur le Mali sans les maliens eux-mêmes, elle exige avant le 31 juillet la mise en place d’un gouvernement d’union nationale comme si le gouvernement actuel avait été mis en place à son insu. Je ne remets pas en cause la mise en place de ce gouvernement d’union, que je défends d’ailleurs, je décrie plutôt le comportement autoritariste et offensant de la CEDEAO à l’égard du Mali. Elle est autant comptable du bilan actuel de ce gouvernement que de ses membres. Les considérations personnelles de la CEDEAO à l’endroit de certains leaders politiques maliens ont, sans équivoque, entacher son objectivité en ce qui concerne le dossier malien. Les sommets extraordinaires sont multipliés de part et d’autre. Les menaces de sanction abondent de tout sens. Les chefs d’Etats ne cessent de monter au créneau pour des actions de plaidoyer auprès de la communauté internationale. Les communiqués et déclarations sur la crise malienne ne cessent de pleuvoir. Pendant ce temps, la frustration des populations maliennes va crescendo. L’ascenseur social est en panne. Les maliens, dans leur fort intérieur, se livrent à une guerre de position fratricide. Les hommes politiques, dans une hypocrisie politico-politicienne, tentent de nous faire gober l’idée selon laquelle ‘’Le Mali d’abord’’. Et pire, nous perdons de plus en plus le nord tandis que l’exaspération des populations sous emprise se fortifie. Autrement dit, je ne doute guerre du rôle que pourra jouer la CEDEAO dans la crise que connait le Mali. Mais je constate qu’elle ne fait que déplacer le problème malien, de sommet en sommet, sans pour autant apporter des solutions, les vraies. Comme pour dire…La CEDEAO doit revoir sa position dans la crise malienne et mesurer les pour et contre de ses actions avant de les poser.

Et que dire de l’hypocrisie de la communauté internationale. Cette communauté internationale dont la responsabilité dans la crise actuelle est attaquable, étant donné que nul ne pourrait renier les répercussions de son intervention militaire en Lybie sur le Mali. Où sont donc passés la France qui n’a pas hésité à intervenir en Côte d’Ivoire pour déposer Laurent Gbagbo, l’Afrique du sud qui prétend chercher un droit de veto au nom de l’Afrique, la Chine et la Russie qui ont toujours su se démarquer des autres pays ou encore la CPI, les nations unies et consorts qui sont censés faire régner la loi dans le monde ? Certainement dans les pays pétroliers, stratégiquement ou géopolitiquement importants, où ils ont plus d’intérêts à préserver. Qu’Allah sauve le Mali !

FOUSSEYNI MAIGA

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