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Sécurisation de la transition : La discipline des forces de sécurité en cause
Publié le mercredi 11 juillet 2012   |  Les Echos


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© aBamako.com par as
Sortie de la 14e promotion du cours supérieur de la gendarmerie et de la 24e promotion des élèves gendarmes
Jeudi 5 juillet 2012. Bamako. Ecole nationale de gendarmerie. Le premier ministre Cheick Modibo Diarra passant en revue les troupes


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Le redéploiement de 1200 éléments de la gendarmerie et de la police fraîchement sortis de formation est proposé par le gouvernement comme alternatives à l’envoi des forces de la Cédéao pour sécuriser le président de la transition et des institutions de la République. Eu égard aux événements récents qui ont failli coûter la vie à Dioncounda Traoré, il se pose plus une question de discipline militaire et sécuritaire que de problèmes d’homme ou de moyens.

Le gouvernement de Cheick Modibo Diarra reste campé sur sa position de n’accepter aucune force étrangère sur le sol malien. Il l’a dit à maintes reprises soit personnellement, soit par la voix du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Hamadoun Touré. Ce dernier a toujours répliqué à la décision de la Cédéao d’envoyer des troupes à Bamako pour sécuriser les organes de la transition et libérer le Nord du Mali.

« Quand nous aurons besoin de ces troupes, nous en ferons la demande, le Mali a plutôt besoin de logistique », a souvent affirmé Hamadoun Touré répétant en cela le capitaines Sanogo. Ses propos n’ont jamais varié même avec l’agression sauvage de Dioncounda Traoré le 21 mai 2012.

Le gouvernement est pratiquement sur la même longueur d’onde que le président du Comité national pour la restauration de la démocratie et le redressement de l’Etat (CNRDRE), le capitaine Amadou Aya Sanogo. « Aucun soldat étranger ne mettra les pieds au Mali », disait le capitaine Sanogo, farouchement opposé à l’envoi de militaires de la Cédéao dans notre pays. Le gouvernement malien dont l’ONU attend le feu vert et certains éclaircissements complémentaires traîne les pieds pour faire la demande d’envoi de casques bleus.

Pour saborder le projet de la Cédéao, le porte-parole du gouvernement a commencé le lundi 9 juillet une campagne sur les médias internationaux, relative à la création d’une unité d’élite spéciale composée de 1200 éléments de la gendarmerie et de la police. Ceux-ci ont bouclé leur formation le vendredi 6 juillet 2012 par une cérémonie pompeuse sous la présidence du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Ils auront, selon Hamadoun Touré, à charge d’assurer la sécurité du président et du Premier ministre de la transition, du président de l’Assemblée nationale et des autres présidents des institutions de la République. Il a promis que cette unité d’élite spéciale sera dotée de moyens adéquats pour accomplir sa mission.

Le citoyen lambda n’en sait pas plus sur le contenu donné à cette unité. Il s’agit de savoir par exemple à quelle structure militaire ou paramilitaire elle sera rattachée ? Quel sera son degré d’indépendance et sa liberté d’action pour accomplir son devoir de soldat dans un Etat républicain ? Est-ce que cette unité va remplacer la compagnie des commandos parachutistes appelés bérets rouges, forte de 1400 éléments dont la dissolution a été annoncée par le capitane Sanogo ? Ce qui est sûr, pour l’heure, c’est que la garde rapprochée de personnalités comme le chef de l’Etat est confiée sous tous les cieux à des éléments aguerris et non à des gens sortis frais émoulus de l’école.

Décryptage

L’analyse de ce projet gouvernemental laisse croire que notre pays est totalement défaillant sur le plan sécuritaire qu’il faut pallier par cette nouvelle unité. L’anathème est ainsi jeté sur l’ensemble des forces militaires et de sécurité du Mali. Contraints de fuir le Nord et incapables de sauver la mère patrie des bandits, des trafiquants de drogues, terroristes et autres islamistes, nos soldats sont une fois de plus dénigrés par le gouvernement, qui vient de donner la preuve encore qu’il faut créer un corps d’élite pour assurer la garde de nos personnalités.

Ces mêmes autorités oublient que nos militaires et forces de sécurité ont toujours été sur les terrains du maintien de la paix en Afrique et dans le monde, de la Première République à nos jours. Au demeurant, le gouvernement veut faire croire au monde que l’agression de Dioncounda Traoré était due à un problème d’hommes. Ce qui n’est que subterfuge et calomnie.

La veille de la Convention organisée par la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) au CICB ayant abouti à la tentative d’assassinat du président de la transition dans ses bureaux à Koulouba, des consignes auraient été données nuitamment aux éléments de la brigade anti-émeute du Groupement mobile de sécurité (GMS) de ne pas bouger d’un iota.

La sécurité de Dioncounda était entre les mains de quelques gardes nationaux (moins d’une quinzaine) en fraction à Koulouba. C’est grâce à leur témérité et leur loyauté vis-à-vis de la République qu’ils ont pu sauver la vie du président de la République. L’objectif des manifestants téléguidés depuis le CICB et qui étaient opposés à la prorogation du mandat de Dioncounda était de l’assassiner. La vidéo faite sur les événements et diffusée par Jeune Afrique sur son site repris par beaucoup de nos confrères locaux l’atteste éloquemment.

L’occupation du tarmac de l’aéroport international de Bamako-Sénou par les mêmes manifestants en mars 2012 opposés à l’arrivée des chefs d’Etat de la Cédéao pour un tête-à-tête avec l’ex-junte, prouve que la sécurité est sérieusement menacée dans notre pays. Echaudé par ce scandale qui ne dit pas son nom et qui n’a jamais été condamné par les autorités militaires de notre pays, le Médiateur de la Cédéao, le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a expliqué dans un humour parfait à la récente rencontre de Ouagadougou, les raisons de la prudence qu’observent ses pairs de la sous-région à venir rencontrer les acteurs politiques et de la société civile à Bamako. « Nous ne voulons pas venir à Bamako pour ne pas être frappés ».

Nos informations relatives aux contre consignes de sécurité données au GMS ont été corroborées par le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Tiéfing Konaté au mois de juin dernier. A l’occasion d’une cérémonie de décoration à la garde nationale, le général Konaté a remercié les éléments de ce corps, qui selon lui, « font sa fierté pour avoir sauvé la vie du président de la transition ». Il s’est plaint à l’occasion que son plan de sécurité a été saboté, sans dire comment, ni par qui. Le général qui était au courant des manifestations de la journée du 21 mai avait demandé à la police et à la gendarmerie d’assurer le maintien d’ordre et la sécurité du président de la République de la transition. Ses ordres n’ont pas été respectés, mais la garde a joué sa partition.

L’aveu d’impuissance du ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile veut tout dire sur le manque de discipline et la notion de patriotisme chez les éléments de sécurité maliens. Les propos du général Konaté sont des éléments intentionnels du crime perpétré contre Dioncounda Traoré et qui peuvent être versés dans le dossier d’enquêtes.

Abdrahamane Dicko

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