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L’Essor N° 17571 du 4/12/2013

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Hommage à Tabu Ley : LE Mali aussi perd un ami
Publié le jeudi 5 decembre 2013  |  L’Essor




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C’est un monument de la musique africaine et mondiale qui s’en est allé en fin de semaine dernière. Pascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabu Ley Rochereau», est décédé le samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l’âge de 73 ans. Né à Bandundu-ville en novembre 1940, Pascal Tabu Ley commence par chanter à l’église, puis dans plusieurs chorales scolaires. A la fin de ses études, il rejoint le ministère de l’Education nationale comme fonctionnaire, puis comme responsable administratif et financier à l’Athénée de la Gombe.

Pascal Tabu Ley entame une carrière musicale en commençant à composer dans les années 1950. En 1956, il se produit au côté de Grand Kalle, un chanteur et chef de groupe considéré comme le père de la musique congolaise moderne. C’est alors le début d’un succès fulgurant pour celui qui prend le nom de scène de Seigneur Tabu Ley Rochereau.

Comme son mentor, Rochereau va apporter avec son orchestre l’African fiesta national de nombreuses innovations dans la musique des Caraïbes qu’est la rumba. Il peut donc être considéré comme le père de la rumba congolaise, explique Massamou Wélé Diallo, artiste auteur, compositeur et interprète. On attribue notamment à Seigneur Rochereau l’adoption de la batterie, une mode que suivront plusieurs orchestres comme les Bella Bella des frères Soki.

Très inspiré par la pop music et le rythm and blues des années 1960-1970, Rochereau n’hésite pas à se produire sur scène avec des pantalons «patte d’éléphant» et coiffure afro. Un de ses faits d’armes les plus remarquables est d’avoir été le premier chanteur africain à se produire à l’Olympia, mythique salle de spectacles de Paris.

Selon Massamou Wélé Diallo, Tabu Ley entretenait une relation très intime avec notre pays. A l’invitation du président Modibo Kéïta, il débarque à Bamako en 1964. Il dédie rapidement un morceau au chef de l’Etat et un autre à la société Energie du Mali (EDM). Le pouvoir socialiste à l’époque prônait la promotion d’une musique véritablement nationale. En effet, les orchestres maliens continuaient encore à reprendre les chansons françaises. Le chanteur congolais vient nous montrer qu’il est possible de chanter dans sa langue nationale. Dès lors l’orchestre national avec Panga Dembélé, Adez et Baba Barry se met au bambara. Suivent les orchestres régionaux de Ségou, Sikasso et Kayes. Ainsi s’installe la tendance qui continue de faire la force de la musique malienne de nos jours.

Seigneur Rochereau a donc été une grande source d’inspiration pour les premiers artistes musiciens maliens. Baba Barry chanta en 1966 son fameux tube « Ni taara Bamako » pour la première fois en bambara, mais sur un rythme cha cha cha. Notre interlocuteur a lui-même repris certaines des chansons comme « Tu m’a déçu chouchou » avec l’orchestre de Bougouni en 1970.

Immense chanteur solo, le Seigneur Tabu Ley réussit aussi quelques duos mémorables avec d’autres artistes dans des chansons comme «Permission» et «Rendez-vous chez là bas» avec Mujos, « Souza» et «Maguy» avec Sam Mangwana, «Ki makango mpe libala» et «Gipsy» avec NDombe Pepe.

Suite au mouvement de l’authenticité, lancé par le président Mobutu Sese Seko, Pascal Tabu devient «Tabu Ley». Mais le chanteur rompt bien vite avec Mobutu dont il flétrit le régime dictatorial. Il s’exile aux Etats-Unis, puis en Belgique. Après la chute du régime de Mobutu, il revient au Congo et se lance dans la vie politique tout en poursuivant ses activités artistiques. Il est nommé député à l’Assemblée consultative et législative de transition et exerce en 2005, les fonctions de vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.

En 2012, alors âgé de 72 ans, Tabou Ley est décoré à Kinshasa de la médailles du Mérite civique et de celle des Arts, sciences et lettres, en récompense pour ses nombreuses œuvres qui ont valorisé la culture congolaise à travers le monde.

Sa prestation à la salle mythique de l’Olympia à Paris a donné le coup d’envoi d’une certaine reconnaissance de la musique africaine qui était auparavant superbement ignorée par le grand public français. Depuis, Paris et Londres sont devenus des plaques tournantes de la musique africaine.

En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu une multitude de disques. Quatre de ses fils, Pegguy Tabu, Abel Tabu, Philémon et Youssoupha, ont fait leur chemin dans le milieu de la musique en tant que chanteur ou compositeur.

Y. DOUMBIA

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