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Vœux du gouvernement au President ibrahim Boubacar keita : rappel des priorités, promesses de lendemains meilleurs
Publié le mardi 24 decembre 2013  |  Primature


© Autre presse
Le nouveau médiateur de la république du Mali, Baba Haidara a prêté serment


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Au sortir d’une crise sans précédent dans son histoire, le pays doit faire face à des défis multiformes : la lutte contre la corruption et l’impunité, la soif de justice de nos compatriotes, la sécurité, la relance de l’économie et la reprise des grands chantiers d’infrastructures. La tâche est titanesque, mais les motifs d’espoir sont tout aussi nombreux. Après les familles fondatrices de Bamako, c’est le gouvernement, par la voix du Premier ministre Oumar Tatam Ly, qui a présenté ses vœux de Nouvel an au président de la République.

Le chef du gouvernement a passé en revue les actions réalisées par les autorités dans divers domaines au cours de l’année 2013. Celle-ci a été particulièrement éprouvante pour notre pays, qui se relève lentement mais sûrement de la profonde crise dans laquelle il était plongé. Oumar Tatam Ly a salué les actions entamées par les autorités de la Transition pour permettre la libération des parties du pays jadis occupées et l’élection du président de la République. Ces deux actions étaient inscrites en tête des priorités dans la Feuille de route de la Transition.

S’agissant de actions réalisées par le gouvernement qu’il dirige, le Premier ministre s’est appesanti sur le renouveau de la Justice qui détermine désormais l’action publique, notamment dans le volet de la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Il a souligné qu’en plébiscitant le président Ibrahim Boubacar Keïta en juillet dernier, à l’issue des deux tours du scrutin présidentiel, le peuple souverain du Mali s’est résolument engagé dans la voie du changement, notamment dans la gouvernance des affaires publiques. Aussi, le slogan « tolérance zéro à la corruption, n’est pas un vain mot », a assuré Oumar Tatam Ly, en promettant que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour débarrasser notre administration des mauvaises pratiques.


RETOUR DES PARTENAIRES. Un accent particulier sera mis sur l’assainissement de l’environnement économique pour soutenir la confiance des partenaires au développement qui ont signé leur retour avant même la fin de 2013. Cette marque de confiance a été matérialisée par la signature de plusieurs accords de financement avec les partenaires traditionnels de notre pays, au premier rang desquels l’Union européenne.

Dans les domaines de l’éducation, la santé et l’environnement, diverses actions ont été entreprises. Tout comme en ce qui concerne la construction de logements sociaux. A ce sujet, le chef du gouvernement a confirmé la reprise des travaux des chantiers de logements arrêtés après le coup d’Etat de mars 2012.

Dans le domaine des infrastructures, Oumar Tatam Ly a annoncé l’ouverture de nouveaux chantiers, qui viendront renforcer les efforts en cours, notamment la route Gomacoura-Tombouctou dont la reprise des travaux est prévue pour le mois prochain. S’agissant du secteur de l’industrie, il a rappelé l’ouverture de nouvelle unités, notamment deux nouvelles mines aurifères dans la Région de Kayes, la cimenterie Gangonterie et la reprise du projet sucrier de Markala.

En réponse, le chef de l’Etat a félicité le gouvernement pour l’effort abattu en trois mois. Dans la foulée, il a saisi l’opportunité pour renouveler sa confiance au Premier ministre à la tête du gouvernement. Il a, en même temps, insisté sur la nécessité de déployer davantage d’efforts pour apporter une réponse adéquate à la soif de justice des Maliens.

Le président de la République est revenu sur la situation à Kidal. Il a d’abord salué l’aide combien importante des présidents français François Hollande, tchadien Idriss Deby, nigérien Mamadou Issoufou, nigérian Goodluck Jonathan et sénégalais Macky Sall. Mais pour le chef de l’Etat, la feuille de route reste d’une grande actualité. « Elle restera actuelle tant que l’Etat malien n’aura pas le plein contrôle de la Région de Kidal, que son autorité ne s’exercera pas avec sa souveraineté contestée par une minorité de rebelles», a indiqué le président de la République. Mais le Mali est déterminé à rester dans le cadre de l’accord du 18 juin 2013, signé à Ouagadougou.

Ibrahim Boubacar Keïta a conscience que l’organisation du scrutin présidentiel sur l’ensemble du territoire national a été obtenue grâce à cet accord pour permettre au pouvoir élu de disposer de plus de temps pour régler l’épineuse question du Nord. Dans tous les cas, la voie du dialogue reste privilégiée. « Car, c’est ce qu’il y a de plus indiqué entre compatriotes, ce qu’il y a de moins coûteux pour un pays qui a besoin de plus d’hôpitaux que de cimetières… », a énoncé le président de la République. Il a donc encouragé le gouvernement à reprendre l’initiative en vue d’amener les frères dissidents à la table de négociation pour qu’ensemble l’on puisse construire une paix durable et bénéfique pour la Région de Kidal et au-delà l’ensemble de la composante malienne.

S’agissant des chantiers de développement, Ibrahim Boubacar Keïta s’est félicité des actions engagées par le gouvernement. En tête des défis à relever, s’inscrit en bonne place, la lutte contre l’impunité, au sujet duquel un message fort a été envoyé. Et cette lutte sera menée jusqu’au bout. « Toute citoyenne et tout citoyen est justiciable. Nul n’est au dessus de la loi. Je l’ai dit et redit », a-t-il insisté avant d’annoncer la fin des passe-droits et des saufs conduits.

Concernant le renforcement des capacités de notre armée nationale, Ibrahim Boubacar Keïta a promis que les efforts en cours seront poursuivis. Car si une coordination régionale est certes indispensable pour mieux lutter contre les nouvelles menaces dans l’espace sahélo-saharien, une réponse nationale de qualité est le gage sûr d’une politique de défense et de sécurité efficace.


LA PRESERVATION DE L’INTERET GENERAL. Le chef de l’Etat a par ailleurs salué la reprise des relations avec les partenaires techniques et financiers. Il a réitéré son attachement à l’amélioration continue du cadre macroéconomique, qui va de pair avec un secteur privé vibrant, une Fonction publique mue par la préservation de l’intérêt général et un système d’intérêt public pour que les recettes augmentent, pour qu’elles soient prévisibles et gérées en toute transparence.

Parlant d’eau et d’électricité, le président de la République a souligné que ces deux services ne doivent pas être un luxe pour nos concitoyens. Mais, eu égard aux moyens modestes de l’Etat, il n’est pas évident que l’accès soit le même pour tout le monde en même temps. Il demande tout de même au gouvernement de démocratiser leur accès.

En ce qui concerne l’environnement et l’assainissement, le président de la République a rappelé que Bamako d’aujourd’hui est très loin de la perle merveilleuse que Fodéba Keïta a chantée dans les années 50. Il est donc urgent de remédier à l’insalubrité. Le gouvernement et son chef ont la responsabilité de l’exécution de cette tâche.

Par ailleurs, IBK a réaffirmé son ambition de refaire du Mali, le grenier de l’Afrique de l’ouest. Pour ce faire, il faut aller au-delà des subventions à l’engrais et aux semences pour construire un système encore plus performant où nos agriculteurs seront valorisés pour leur travail.

La jeunesse, la principale richesse de notre pays, n’a pas été oubliée dans l’intervention présidentielle. A ce propos, le chef de l’Etat dira que rien n’est au dessus des capacités de cette couche qui est au centre de toutes les promesses. Avant de terminer, le président de la République a réitéré son soutien à Oumar Tatam Ly et à l’équipe qu’il dirige et à laquelle il a souhaité bonne et heureuse année.

A. O. DIALLO

Journal l’Essor du mardi 24 décembre 2013



VŒUX DES PRESIDENTS DES INSTITUTIONS : TOUS ENSEMBLE POUR UN MALI DEBOUT


Le président de la République et ses hôtes ont fait le constat que notre pays revient de très loin et que tous ses fils doivent unir leurs efforts pour relever les multiples défis du moment. Les chefs d’institutions comme à l’accoutumée ont tour à tour présenté leurs vœux à Ibrahim Boubacar Keïta. Le président par intérim de l’Assemblée nationale fut le premier président d’institution à prendre la parole. Dans ses propos, il a souhaité une bonne chance à Ibrahim Boubacar Keïta à qui nos compatriotes viennent de confier leurs destinées pour les 5 prochaines années. Déjà, relève Younoussi Touré d’importantes avancées sont à l’actif de celui qui fut président de l’AN de 2002 à 2007. Mais relèvera l’élu en fin de mandat, la question de Kidal attend toujours une réponse. Il a ajouté ensuite que le Parlement a joué tout le rôle qui est le sien dans la gestion de la crise multiforme qui a ébranlé la République. Pour preuve, il citera les différentes condamnations des dérives observées.

L’orateur n’a pas manqué de demander au président de la République, de mettre un peu plus de moyens à la disposition de l’Hémicycle pour que celui-ci puisse jouer pleinement son rôle. Parmi ces moyens, figure en bonne place la construction d’un immeuble moderne fonctionnel et sécurisé. Au président Keita, Younoussi Touré souhaitera une santé de fer et une bonne chance, toutes choses qui lui permettront de réaliser les nobles ambitions dont il est porteur.

A son tour, le président de la Cour suprême Nouhoum Tapily a présenté ses « voeux les plus ardents » au chef de l’Etat. A ces vœux, le magistrat a associé le Premier ministre et tous les membres de son gouvernement. Mêmes vœux de quiétude et de longévité à tous les Maliens et aux amis du Mali qui nous assistent encore dans la gestion de la crise politique et sécuritaire. L’année qui commence bientôt doit être placé sous le signe de l’espoir et du développement, juge le président de la Cour suprême qui appelle de tous ses vœux l’avènement d’un Mali de paix et de justice.

Il a salué au passage le retour de notre pays dans le concert des nations avant de condamner toutes les formes d’injustices, promettant que « justice sera faite pour tous et au nom de tous ». « Une justice forte est indubitablement un facteur de développement et de progrès », a observé l’homme de droit qui assure que l’institution judiciaire ne faillira pas. « Elle jouera son rôle et tout son rôle », a ajouté le président de la Cour suprême. "Les défis auxquels nous sommes confrontés ne sont pas au dessus de nos moyens", a indiqué le haut magistrat. Lui aussi, comme le président de l’AN a demandé au chef de l’Etat la mise à disposition de locaux qui soient a la hauteur des missions de son institution.

A la suite de Nouhoum Tapily, le président de la Cour constitutionnelle Hamadi Tamba Camara prit la parole pour dire combien son institution est « honorée de présenter ses vœux les plus sincères au président de la République ». Comment, s’interroge-t-il, ne pas se souvenir en ce moment des grands maux que notre pays a connu en 2012 ? Pour ainsi dire que nos compatriotes fondent beaucoup d’espoir dans la volonté des nouvelles autorités à redonner un espoir aux populations meurtries ».

Le président de la Cour constitutionnelle a souligné que l’élection présidentielle et les législatives se sont déroulées dans des conditions respectant les standards internationaux. Il a également salué l’excellence des rapports entre son institution et les autres services gouvernementaux tels que le ministère de l’Administration territoriale, la Radiotélévision nationale et le Quotidien national l’Essor.

Oumar Ag Ibrahim Mohamed Haïdara, le président du Haut conseil des collectivités territoriales a été le troisième président d’institution à présenter ses vœux au chef de l’Etat. « Nous prions Dieu de vous accorder la force nécessaire pour la réalisation de vos nobles projets », a-t-il énoncé, avant de louer en Ibrahim Boubacar Keïta un « homme de conviction » et « un patriote convaincu ». Il citera en guise d’exemple son passage en 1994 à la Primature, à un moment où notre pays traversait une crise sociale aiguë.

Par sa voix, les collectivités territoriales s’engagent à promouvoir un climat de paix, d’équité et de justice. Aussi, Oumar Ag Ibrahim Haïdara a appelé à un retour de l’Administration dans les régions Nord et un transfert rapide de ressources aux collectivités. Sur le plan national, il a salué la bonne tenue des élections et des assises nationales. Il a dit adhérer à toutes les initiatives visant à unifier notre pays. Malgré la tourmente, notre pays renaît de ses cendres, a ajouté le président du Haut conseil des collectivités. "Ne boudons pas l’avenir", préconise-t-il priant pour l’épanouissement de notre chère patrie.

Jeamille Bittar, en qualité de président du Conseil économique social et culturel a, comme ses pairs, présenté au président Keïta et à ses collaborateurs « un vœu de pleins succès ». Les périls ont bien failli emporter notre pays, constate-t-il. Heureusement, poursuit-il, les autorités de la Transition ont su gérer la crise. Saluant l’intervention militaire française dans notre pays, Jeamille Bittar a déploré tout de même la situation qui prévaut à Kidal. Il s’est dit convaincu que la détermination du président Keïta permettra de résoudre ladite situation.

Il a assuré que le Conseil économique, social et culturel est disposé à apporter sa contribution à l’apaisement et au dialogue. « Il est prêt à relever le défi du dialogue », a laissé entendre Jeamille Bittar pour qui 2014 est l’année de tous les défis. "Demain sera bon et beau !" a-t-il lancé.

Le Médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara, doyen d’âge de l’assistance, a d’abord remercié le président Keïta pour le choix porté sur sa personne en qualité de Médiateur. Pour lui, 2013, a apporté deux bonnes choses : la fin de l’occupation barbare et l’avènement du retour à l’ordre constitutionnel. "Les ruptures, les trahisons, les actions affligeantes émaillées de déclarations humiliantes se sont abattues sur notre pays. Pendant de longs mois, le désespoir a attristé notre pays", a commenté le sage. Mais si la blessure était profonde, elle n’était pas mortelle », poursuivra-t-il. De son point de vue, la mauvaise gouvernance est à la base de cet effondrement. "L’opinion est dans l’attente de la thérapie", a indiqué Baba Hakib Haïdara pour qui les pouvoirs publics doivent trouver « une pédagogie dynamique » pour recoller les morceaux.

L’orateur qui a clos la séquence est le Vérificateur général qui a été reçu 26 novembre dernier par Ibrahim Boubacar Keïta pour la remise de son rapport annuel. Contrairement à 2012, l’année qui s’achève aura été celui de l’espoir, a estimé Amadou Ousmane Touré qui appelle à « une gestion saine des ressources de l’Etat ». Il a salué « la politique agressive de lutte contre la corruption » engagée par le président de la République. Et assure que le BVG « entend accomplir sa mission avec détermination ».

En réponse à tous ces vœux formulés, le chef de l’Etat rappelé une fois de plus sa ferme volonté de changer les façons de faire même s’il faut aller contre vents et marées. Le changement, de son pont de vue, n’est pas un discours creux mais une volonté irréversible d’aller vers une gouvernance juste et durable.

"Je suis heureux de vous souhaiter mes vœux sincères et santé et succès au service de notre patrie. Paix et quiétude dans nos fonctions et dans nos foyers !", a formulé le président de la République à l’endroit de ses interlocuteurs. Notre pays vient de loin, rappellera-t-il. Le bateau « Mali » ne coulera point, ajoutera le président Keïta qui entend apporter une paix durable à notre pays.

Le chef de l’Etat a précisé qu’il est nécessaire de faire en sorte que le Mali soit. Pour ce faire, il convient d’oublier les égos. « Nous devons nous surpasser pour le Mali ». "Nous nous engageons à aller de l’avant", a lancé le président IBK pour qui notre pays à besoin de l’excellence. Il faut avancer car il n’y a pas de cadeaux. Le président de la République a dit sa "foi en l’avenir" parce que le Mali est un grand pays qui a connu de brillantes civilisations.

Pour les besoins de commodité exprimés par les présidents d’institution, le président Keïta a reconnu l’utilité de disposer d’un cadre de travail adéquat pour tous. S’agissant spécifiquement de la Cour suprême, il a dit que son rôle est prépondérant. Le droit doit régner en maître absolu, dit-il. Un droit véritable et non factrice doit prévaloir. Il permet au faible de se sentir fort. L’indépendance de la justice sera strictement observée, promet-il, invitant la famille judiciaire à faire appliquer la loi partout où c’est nécessaire.

Au président de Cour constitutionnelle, Ibrahim Boubacar Keita a salué le professionnalisme des sages. "Nul n’est content quand il perd", a ajouté le président Keïta, en référence aux élections avant de rendre un hommage appuyé à Amadi Camara pour son professionnalisme.

Le chef de l’Etat qui accorde beaucoup d’intérêt à la coopération décentralisée a salué le travail de qualité du Haut conseil des collectivités. Il a rappelé les responsabilités des collectivités dans le développement durable de notre pays.

Parlant de Kidal, le président de la République a précisé que les négociations sont conditionnées au dépôt des armes par les groupes armés. Ibrahim Boubacar Keïta a insisté sur le respect de la souveraineté du Mali, membre des Nations Unies. "Qu’on nous laisse tranquille dans ce pays !", a dit le président de la République qui a promis de faire en sorte que le Mali soit respecté partout dans le monde.

Au chapitre de la corruption, il a évoqué le cambriolage du consulat du Mali à Paris pour réaffirmer que « nul ne s’enrichira sur le dos de l’Etat » et que « c’est illusoire de s’accaparer des biens des autres et rester impunis ».

La transition était toute trouvée pour répondre aux propos du Vérificateur général. Le chef de l’Etat a évoqué certains cas de fraudes grotesques rapportés dans le dernier rapport du Vérificateur général. Il a donné l’exemple révélateur d’un cas de réparation d’un véhicule où plus de 100 pièces de rechanges ont été facturées. Réitérant ses vœux sincères de santé et de succès, le chef de l’Etat a promis de mettre fin aux mauvaises pratiques qui tirent le développement de notre pays vers le bas.


A. M. CISSE

Journal l’Essor du mardi 24 décembre 2013





VŒUX DES FAMILLES FONDATRICES ET DES CONFESSIONS RELIGIEUSES : UN SOUTIEN FRANC ET DES CONSEILS JUDICIEUX


Le chef de l’Etat a pris bonne note des préoccupations de ses interlocuteurs qui lui ont promis leur accompagnement dans l’accomplissement de ses fonctions, au bénéfice du peuple malien. L’événement figure de tout temps dans l’agenda officiel du président de la République dans notre pays. La traditionnelle cérémonie de présentation de vœux au chef de l’Etat offre l’occasion d’un échange de civilités mais surtout d’un examen rétrospectif du chemin parcouru dans l’édification du pays, d’un recensement des défis actuels et futurs et d’une prospection des solutions appropriées.

Le traditionnel rituel a donc démarré hier au palais de Koulouba par les familles fondatrices de Bamako suivies des représentants des confessions religieuses. C’était en présence du Premier ministre Oumar Tatam Ly et du ministre de l’Administration territoriale, le général Moussa Sinko Coulibaly. Plusieurs autres personnalités étaient présentes parmi lesquelles le gouverneur et le maire du District de Bamako.

Cette cérémonie se déroule au moment où notre pays a entrepris de tourner définitivement les pages sombres d’une crise institutionnelle qui, pendant près de 18 mois, a mis à mal les principes républicains qui faisaient la fierté du Mali souverain. Les illustres hôtes du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, ont tour à tour évoqué les défis actuels auxquels notre pays est confronté.


LE RESPECT DES PRINCIPES REPUBLICAINS. Ce sont les représentants des familles fondatrices qui ont ouvert le bal du cérémonial. Dans son adresse, leur porte-parole, Modibo Niaré, a félicité le président de la République pour sa brillante élection à la magistrature suprême. Il a salué le bon déroulement des opérations électorales qui, de son point de vue, témoigne de la maturité d’esprit qui caractérise le Malien, mais aussi son respect des principes républicains. Modibo Niaré a jugé que ce comportement du peuple malien ne pouvait que se raffermir. Il a salué la mémoire de ceux et celles qui ont perdu la vie durant le coup d’Etat de mars 2012. « Les gens ont beaucoup souffert des événements. Nous nous devons de redresser le pays à travers un retour définitif à l’ordre constitutionnel. Nous ne pouvions faire autrement. C’était pour nous tous un devoir de mémoire », a-t-il indiqué.

Le porte-parole des familles fondatrices a constaté que le Mali sortait d’une crise sans précédent. « Le pays est encore convalescent et les défis sont nombreux. La réconciliation, le recouvrement de l’intégrité territoriale, la reconstitution du tissu social et économique, sont autant de chantiers sur lesquels les Maliens vous attendent Monsieur le président », a souligné Modibo Niaré, avant de formuler, au nom des familles fondatrices, des vœux de bonheur, de santé, de paix et de prospérité pour le président, son gouvernement et l’ensemble de leurs collaborateurs. « Puisse le Tout-puissant guider les actions du président pour que le Mali retrouve son lustre d’antan pour une paix durable entre tous les fils du pays », a-t-il conclu.

Après lui, le président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), El Hadj Mahmoud Dicko, a, au nom de toute la communauté musulmane, formulé les mêmes vœux de paix et de réconciliation. L’ensemble du peuple malien doit se réjouir de ce moment solennel qui nous éloigne des turpitudes d’il y a quelques mois. Le Mali est une nation soudée au sein de laquelle il ne doit y avoir aucune idéologie séparatiste, ni de violence. La paix, l’entente, la tolérance et la concorde sont des vertus sociétales sur lesquelles est fondée notre société. Ce principe doit en toutes circonstances prévaloir dans notre pays », a-t-il estimé. Mahmoud Dicko n’a pas manqué d’évoquer la question du Nord qui, de son point de vue, doit être résolue dans le dialogue. « Si nous savons que le Mali est un et indivisible, nous devons nous mettre à table pour discuter. Ceux qui, à un moment donné, étaient égarés sont aussi des Maliens. Nous devons aller vers le dialogue pour qu’ensemble nous trouvions une solution définitive aux divergences. C’est en cela que le Mali parviendra à une paix durable », a-t-il préconisé.

Le président du Haut conseil islamique du Mali a salué les initiatives prises par le président de la République depuis son élection. La tenue des Assises sur la décentralisation et des Concertations nationales sur le Nord est un signe d’espoir pour la paix au Mali, a-t-il souligné. Par ailleurs, El Hadj Mahmoud Dicko s’est félicité de l’initiative partenariale de notre pays avec le Royaume chérifien dont l’un des actes majeurs est l’envoi récent de 500 imams au Maroc pour une formation de deux ans sur les principes de l’islam. Il a souhaité que cette initiative favorise l’insertion des élèves coraniques dans la vie socioéconomique.

El Hadj Mahmoud Dicko a saisi l’occasion pour évoquer les défis auxquels est confronté le Haut conseil islamique du Mali. Il s’agit notamment de la non application de la loi reconnaissant la légalité du mariage religieux, la faible représentation de la communauté musulmane dans l’organisation des opérations du hadj, l’octroi d’une parcelle pour la construction du siège de l’organisation et d’une clinique. Il a réitéré le soutien de la communauté musulmane au président de la République pour lutter contre la corruption dans notre pays. Le président du Haut conseil islamique a terminé son adresse en prodiguant les conseils au chef de l’Etat : « La tolérance, le respect de l’autre doivent être votre seule arme pour l’accomplissement de votre mission. Monsieur le président, le peuple malien dans son ensemble vous a fait confiance. Soyez à l’écoute de ce peuple. Pour cela évitez les rancœurs. Car aucun pays ne peut se développer sur des sentiments de méfiance et d’intolérance ».


REDONNER AU MALI SA DIGNITE. L’archevêque de Bamako, Mgr Jean Zerbo, a, lui, souligné la situation de déliquescence du pays qui requiert un sursaut d’orgueil auquel il invite le président de la République. « La lourde charge qui vous a été confiée, vous avez accepté sous serment devant Dieu et devant les hommes de la porter. Elle s’appelle redonner au Mali, sa dignité pleine et entière, dignité salie et déchirée au point de nous laisser ou presque à la face du monde par nos divisions et nos combats fratricides », a-t-il rappelé.

La liberté, le chômage, la situation des enfants soldats, le combat pour le respect du bien commun (de la justice et du droit), l’éducation et la culture, le foncier, le dialogue, la réconciliation et la paix sont autant de défis que l’archevêque a comparé aux sept bandes du pagne de dignité que le Mali se doit de recoudre. Le spectacle des déplacés et des refugiés, les tortures et les flagellations, les amputations, l’imposition du port de la burka, la destruction des monuments dédiés à la mémoire des saints de l’islam à Tombouctou, la profanation des Eglises et des temples, sont autant de graves atteintes aux libertés fondamentales dont la volonté manifeste était de faire basculer le Mali dans une République islamique en bannissant la laïcité, un des principes fondateurs de notre constitution, a estimé le prélat qui a réaffirmé l’attachement de l’Eglise catholique à ce principe de laïcité, garant de la liberté religieuse.


SANS FIORITURE NI FANFARONNADES. C’est par ce même constat que le délégué général de l’Association des groupements d’Eglises et de missions protestantes du Mali (AGEMPM), le Révérend Youssouf Dembélé, a exprimé ses sentiments au président de la République, avant de formuler des vœux de paix et de communion de l’ensemble de la communauté protestante de notre pays. Il a souhaité au chef de l’Etat plus de courage et d’abnégation à lutter contre les maux qui minent notre société, tout en l’assurant du soutien constant de l’Eglise protestante pour traduire ses mots en actes concrets pour le bonheur des Maliens. L’Eglise protestante a souhaité l’émergence d’un Etat de droit, d’une nouvelle classe politique qui sera au service du peuple.

En réponse à ces différents intervenants, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a réaffirmé son engagement à traduire en actes les promesses faites au peuple malien. S’adressant aux familles fondatrices, le chef de l’Etat a promis de mériter la confiance du peuple malien : « Tous les actes que nous poserons seront motivés par cette volonté d’assurer le bien-être du peuple malien ».

Le chef de l’Etat a assuré le Haut conseil islamique de la démarche qu’il entend conduire pour lutter contre l’impunité et la corruption. Mais cette lutte, le président Keita la veut sans fioriture, ni fanfaronnade. « Nous n’avons aucun sentiment de rancœur contre qui que ce soi. La lutte que nous mènerons contre la corruption se fera sans règlement de compte. Mais il faut que la justice soit. Nous combattrons l’impunité de toutes nos forces ».

Tous les dossiers relatifs au foncier seront décortiqués à l’aune de la justice et avec toute la rigueur qui se doit, a promis IBK au Révérend Youssouf Dembélé, délégué général de l’AGEMPM victime de spéculation foncière ces dernières années. Le chef de l’Etat a sollicité l’accompagnement de ses interlocuteurs, avant de formuler, à son tour, ses vœux de nouvel an aux familles fondatrices, à l’ensemble de la communauté religieuse et au peuple malien.

L. DIARRA
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