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L’Essor N° 17589 du 31/12/2013

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Message du Nouvel an du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta : le temps de la normalisation, du rétablissement d’un Mali fort et stable
Publié le vendredi 3 janvier 2014  |  L’Essor


© Autre presse par Diarra
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A la veille du Nouvel an, le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a évoqué la crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire traversée par notre pays grâce au courage de ses fils et à l’aide de nos nombreux amis qu’il a chaleureusement remerciés. De nombreux défis restent cependant à relever, a averti le chef de l’Etat en citant les plus importants : ceux de la transition démocratique, de la transition démographique, de la transition économique et de la transition culturelle. Décrétant 2014, « année de la lutte contre la corruption », il a assuré que « le Mali est bel et bien de retour ».

Texte intégral du discours présidentiel.

« Chers compatriotes, chers hôtes du Mali, chers amis du Mali,

L’année 2014 s’annonce. C’est la preuve des limites humaines, mais heureusement le signe de la toute-puissance divine.

Qu’il vous plaise que je prenne le temps de louer ce Tout-Puissant, qui m’accorde encore ce soir un autre privilège, celui de présenter mes premiers vœux de santé et succès à la Nation, à l’occasion de la nouvelle année :

- à chacune d’entre vous, à chacun d’entre vous, concitoyens de l’intérieur comme à l’extérieur,
- à vous hôtes du Mali qui nous faites l’honneur de vivre parmi nous,
- et bien sûr, à vous aussi amis et partenaires attentifs et solidaires de notre pays.
A celles et ceux d’entre nous qui viennent de perdre un être cher, j’adresse mes condoléances les plus sincères. A celles et ceux qui sont malades, je souhaite un prompt rétablissement. Paix et quiétude dans tous les foyers. Paix sur le Mali. Paix sur l’Afrique. Paix sur le monde.

Chers compatriotes,

Je ne vous cacherai pas que je suis un président fier ;

Un président fier de son peuple ;

De ce peuple resté dans son champ, pour cultiver en dépit des tensions du pays ;

De ce peuple, qui a continué à faire paître ses animaux, malgré les dangers ambiants ;

De ce peuple, dont les négociants se sont battus aux cordons douaniers pour continuer à ravitailler le pays, malgré la crise.

Je suis le président fier de ces femmes sous le soleil des marchés, dans les corvées du ménage, ces mères qui donnent et entretiennent la vie ;

Président encore plus fier, en cette fin de décembre 2013, pour son pays libéré qui renoue avec l’espoir, et qui se met debout pour être à la hauteur des autres, d’un pas mesuré, mais d’un pas assuré.

Oui, je suis ce président fier, quoique conscient des défis à encore relever pour la stabilité et le progrès du pays.

Au demeurant, qui ne saurait apprécier à sa juste valeur ces temps d’espoir, j’allais dire d’espérance, comparés à la réalité déprimante et au moral atteint du pays, il y a tout juste un an ?

Car l’an dernier au même moment, les trois-quarts du pays étaient aux mains de forces barbares, djihadistes, et de groupuscules irrédentistes, qui ont levé le glaive contre un pays de paix, d’amour et de tolérance. Ces envahisseurs n’ont pas reculé devant le viol, les amputations, les flagellations, les lapidations, le vandalisme, les exécutions.

A Gao, Tombouctou, Kidal, Douentza, Ansongo et Konna, des familles honorables et paisibles ont été humiliées par de prétendus musulmans qui ont contraint par la kalachnikov, au lieu de laisser le Coran convaincre, comme cela a toujours été le cas dans ce pays lucide.

Des centaines de milliers de nos compatriotes du Nord, Touareg, Arabes, Songhoi, furent forcés à l’exil. Beaucoup de nos parents subissent encore les conséquences de l’occupation djihadiste de nos régions du nord.

Ce soir, plus que jamais, alors que 2013 s’achève, portant en filigrane de meilleurs lendemains pour notre pays, il est encore plus significatif de réitérer notre gratitude, en mon nom propre mais aussi au nom de la nation malienne, à l’ensemble de tous ceux qui ont contribué à libérer et à soulager notre peuple.

Mon aîné Dioncounda Traoré a été le capitaine imperturbable d’un bateau qui fut ivre par moments. Il nous a conduits à bon port, au mépris de sa vie, mais pour cet amour qui ne l’a jamais quitté, celui du Mali. La patrie t’en sera toujours reconnaissante, cher aîné, et puisse Allah t’accorder santé et longévité.

François Hollande, président de la République française, n’a pas hésité un seul instant à engager la vie des soldats français, et les moyens de la France, pour l’épique bataille de la libération du Mali. Le Mali se souviendra toujours de la fraternité réinventée, de François Hollande, du sacrifice de Damien Boiteux et de ses compagnons, ainsi que celui de la glorieuse mission « Serval ».

Idriss Deby Itno, sans être de la Région ouest-africaine, mérite nos ovations debout, nos standing ovations, notre très grande reconnaissance.

Du Tchad, pays de Toumaï ancêtre de l’humanité, il a su donner, avec générosité une leçon d’humanité et de solidarité à travers une armée intrépide et aguerrie. Les hauts faits de cette armée feront encore longtemps la chronique de l’Adrar des Ifhoghas. Merci Président Déby. Merci cher frère et ami.

Au nom de la CEDEAO et parce que président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara est aussi soucieux du Mali par la force de la géographie et de l’Histoire. Aussi, l’aîné valeureux a-t-il veillé sur le Mali, plaidé pour le Mali et obtenu pour le Mali une solidarité sans précédent. Que Dieu le préserve et le couvre de sa grâce à son tour !

C’est le lieu de savoir gré au président du Faso, Blaise Compaoré pour tous les efforts dans la mission à lui confiée par la CEDEAO.

Nous avons vu l’Algérie à nos cotés dès le début de l’acharnement des groupes hostiles à notre République. « Ni autonomie, ni indépendance », dit avec clarté et engagement constant, a toujours été la position sans ambiguïté de nos frères algériens. Cela nous a été dit de façon claire et nette, d’abord par notre frère le ministre Messahel, ensuite par tous les dirigeants algériens rencontrés.

Il est vrai que nos relations furent fondées dans la solidarité de combat. L’Algérie combattante s’est toujours félicitée du soutien inconditionnel du Mali de Modibo Keïta. C’est le temps où l’homme de Gao, Abdel Aziz Bouteflika, coordonnait avec son frère, feu notre oncle Bakara Diallo, l’appui du Mali et des pays amis en direction du front algérien.

Notre souci de relations de nouveau excellentes entre nos frères est d’intérêt général avéré. Qu’Allah nous accompagne !

Le Mali sera toujours un pays d’honneur, de dignité et de gratitude. C’est le lieu de remercier également tous les pays amis frères, venus sous aider dans la tragédie que nous avons traversée.

Ensuite, chers compatriotes, ce 19 septembre, le monde entier, mû par l’estime du Mali, la confiance en le Mali, s’est donné rendez-vous à Bamako pour célébrer l’investiture du troisième président malien démocratiquement élu que je suis, par la volonté de Dieu et de vous peuple du Mali.

En cette occasion, notre pays a eu droit à une visite historique : celle du Roi Mohamed VI, cinquante ans après la visite de son père, le regretté Hassan II, et de mémoire de Marocain, première participation d’un souverain chérifien à l’investiture d’un chef d’Etat.

Le Roi est resté quatre nuits et cinq jours. Il a prié avec nous. Il a visité nos chaumières, pensé à nos malades en venant chez nous avec un hôpital de campagne, dont la fin de mission engendre aujourd’hui de grandes manifestations de protestation populaire, signe on ne plus clair de la qualité des services rendus.

Et tout cela, après plusieurs gestes humanitaires et un appui politique constant à la cause malienne au sein du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, alors sous présidence marocaine.

Toujours au cours de cette visite, sa Majesté Mohamed VI a octroyé cinq cent bourses pour la formation de nos imams à un Islam de tolérance et d’amour qui n’exclut ni la profondeur, ni la sincérité.

Il n’est pas venu pour poursuivre la coopération. Il est venu pour traduire en actes le culte de la fraternité. Le Mali ne l’oubliera jamais.

Chers compatriotes, hôtes et amis du Mali,

Je suis venu trouver un Mali à genoux. Un Mali dont l’autorité de l’Etat a été considérablement affaiblie, minée par des années de mauvaise gouvernance. Un Mali dont les caisses étaient vides, nous laissant peu de marges de manœuvre budgétaires pour entreprendre tout de suite les formidables progrès auxquels notre peuple aspire.

L’état de nos forces de défense et de sécurité n’était pas non plus à hauteur de souhait, vous le savez. Les responsabilités en seront situées Incha’Allah ! Pour que notre pays ne connaisse plus jamais pareille humiliation !

Pour le Mali, la priorité était de recoudre notre tissu social, lardé, déchiré, abîmé par des mois de crise, pour réconcilier notre Nation.

C’est pourquoi, j’ai dit, dès l’entame de mon mandat, que la première phase de mon action sera consacrée au redressement. Nous y sommes encore. C’est le temps de la normalisation, le temps du rétablissement d’un Mali fort et stable. C’est le cap que j’ai fixé au Premier ministre, Oumar Tatam Ly, et à son équipe : rétablir l’honneur du Mali.

Tous les chantiers de ce redressement ont été entamés. De l’organisation des législatives, au renforcement de la capacité institutionnelle de l’Etat, en passant par le chantier de la réconciliation nationale, la réforme de l’armée, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, de la justice, le plan de réformes économiques et sociales, ou encore la reprise de la relation avec les bailleurs et les investisseurs, et le retour de la voix du Mali sur la scène internationale. Merci au Président Barack Obama pour le retour du Mali dans l’AGOA. Merci à Mme l’Ambassadeur Mary Beth Leonard pour la part prise dans cette heureuse décision.

Le Premier ministre, un homme discret, loyal, travailleur et compétent, vous l’avez suivi lorsque le gouvernement est venu me présenter ses vœux, a fait un bilan exhaustif de ce qui a été réalisé. Je ne reviendrai pas sur ces réalisations, laissant le peuple juge de ce qui est fait, et dont on peut être fier, dont tout Malien objectif et sincèrement soucieux de ce pays peut être fier.

Maliennes, Maliens,

Mon action s’inscrit dans la durée, car le Mali revient de loin. Les chantiers sont longs et fastidieux, et il faut un certain temps pour changer le quotidien. Je comprends donc votre impatience. Elle est légitime. Notre peuple a trop longtemps attendu son rendez-vous avec le progrès.

C’est pourquoi, en 2014, j’entamerai la seconde phase de mon mandat, qui sera une phase plus axée sur le redressement et le développement économique, pour le bonheur des Maliens. C’est le cap que j’ai fixé, c’est le cap que nous tiendrons, Incha’Allah.

Cela a déjà commencé. Le 17 décembre 2013, nous avons donné, avec les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le premier coup de pioche des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gouina. Le même jour, nous avons inauguré celui de Felou. C’était un moment grandiose, et je suis honoré d’être, au nom de la continuité de l’Etat, celui qui a coupé le ruban, côté malien.

A ce niveau également, je rends grâce à Dieu tout puissant et Miséricordieux.

J’ai promis des emplois à notre jeunesse. Le gouvernement, à pied d’œuvre, a lancé un vaste chantier de recrutement de plusieurs milliers de volontaires qui seront demain, mieux armés pour le marché du travail.

Le logement, la santé, l’école, les routes, l’eau, l’électricité, l’hygiène et surtout le serment de faire de Bamako une ville propre, sont autant de chantiers prioritaires à fort besoin de ressources humaines.

Je suis conscient des quatre défis que doit relever le Mali pour être compétitif :

- le défi de la transition démocratique,
- le défi de la transition démographique,
- le défi de la transition économique,
- le défi de la transition culturelle.
Le défi de la transition démocratique appelle une introspection profonde sur l’effondrement de l’Etat, il y a juste deux ans, et de nombre de nos valeurs. Il s’agit de faire un audit des faiblesses qui doivent être corrigées pour éviter la réédition d’humiliations nationales, à la dimension de celles que nous avons tristement subies durant ces deux années noires.

Dans cette optique, la première infrastructure, avant les routes et les logements, c’est la gouvernance, donc un Etat fort, un Etat juste, qui exalte le mérite et sanctionne la faute.

Un appareil judiciaire de qualité est dès lors indispensable. Il s’agit d’une justice qui ne discrimine pas, devant laquelle les Maliens sont égaux, et qui ne dira que le Droit.

Et si nous voulons une démocratie sincère et durable, alors il nous faudra d’abord être sincères et intègres, nous-mêmes, vis-à-vis des ressources et des opportunités de l’Etat. C’est pourquoi, au risque d’en faire une rengaine, j’insiste sur la gestion rigoureuse de nos deniers, ceux que l’Etat génère auprès du contribuable malien bien sûr, mais aussi l’aide que la communauté internationale met à notre disposition grâce aux sacrifices de ses propres contribuables.

La gestion rigoureuse de nos ressources passe par le contrôle de la corruption sur deux fronts : la lutte contre l’impunité et les réformes systémiques.

Pour ce qui est des mesures systémiques, j’ai demandé au Premier ministre de tout entreprendre pour que notre administration puisse bénéficier de l’accompagnement approprié.

Oui, je dis et redis que l’argent des Maliens est sacré et qu’il faut désormais l’utiliser à bon escient.

C’est pourquoi, je décrète l’année 2014, année de la lutte contre la corruption. Un combat dans lequel je demande à chaque Malienne, chaque Malien, de s’engager avec moi. Nul ne s’enrichira plus illégalement et impunément sous notre mandat, Incha’Allah.

Je suis conscient que les familles souffrent, que les salaires sont dérisoires, et que tout ceci ne contribue pas à prévenir la corruption. Tout ce qui sera en notre pouvoir de faire pour augmenter les revenus le sera, c’est mon rôle et ce sera ma fierté.

Les hommes et les femmes du gouvernement cesseront, croyez-moi, d’être à leur place, le jour où ils ne travailleront plus à un Mali qui arrive à nourrir ses enfants, à les éduquer convenablement, à les employer, bref à les encadrer dans un environnement hautement concurrentiel où les pays qui n’anticiperont pas, resteront sur le quai.

Toutefois, il faut accepter alors que pour le bien-être de demain, celui de nos enfants donc, nous acceptions de donner plus à la patrie. Le Mali d’abord ! C’est ma philosophie, c’est notre salut.

La transition démographique, de tous les défis, est celui le plus pressant. Notre population est jeune et elle croît. Ses besoins croissent de manière inversement proportionnelle aux moyens de l’Etat.

En même temps, il n’y a pas d’avenir pour nous si le formidable capital qu’est cette jeunesse reste une contrainte, au lieu d’être un atout. Pour tout dire, je veux pour demain des écoles de bon niveau, une couverture sanitaire de qualité, un cadre de vie décent, et des chances égales devant des opportunités accrues.

La transformation qualitative de notre société, qui est notre mission de génération, à nous les aînés, passe par une bonne gestion de la transition économique.

Si notre artisanat n’est pas bien fini, il ne produira pas de valeur ajoutée. Si nos produits n’obéissent pas aux normes de qualité, ils resteront de consommation locale. Hélas ! Nous ne profiterons que petitement des avantages de l’AGOA.

S’il n’y a pas d’investissement massif dans l’industrie, nous resterons un marché pour d’autres.

Si nous ne créons pas un secteur des services performant, nous nous priverons des forces de progrès que sont les couches moyennes.

C’est pourquoi, j’ai demandé au gouvernement d’utiliser toutes nos potentialités pour qu’ici et maintenant les conditions de l’émergence soient créées.

Mais nous pouvons, et devons, aller plus vite et surtout il faut rendre irréversible l’ascension de ce pays qui nous a tant donné et qui a été, hier, l’une des nations-phares et civilisatrices du monde.

Notre potentiel agricole, pastoral, halieutique, minier, notre génie propre et notre combativité nous rendent parfaitement éligible à tendre vers l’excellence recherchée. Là-dessus, je fonde un grand espoir dans l’anticipation, la planification, la prospective, auxquelles pour la première fois dans notre histoire, un ministère est dédié.

Mes chers compatriotes, amis et hôtes du Mali,

Vous le savez. Si notre pays a été libéré, il reste, outre celui de la lutte contre l’impunité, trois autres fronts sur lesquels il nous faut nous battre.

Le premier est celui d’une armée républicaine, parfaitement entraînée et équipée pour répondre aux menaces sécuritaires traditionnelles ainsi qu’aux nouvelles. La formation d’une telle armée est en cours, grâce à l’assistance de la communauté internationale que je ne remercierai jamais assez, notamment, l’Union européenne, pour l’EUTM (Europeen Union Training Mission)

L’autre front, est celui du retour total et définitif du contrôle de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Je lance un appel aux mouvements rebelles signataires de l’accord du 18 juin pour la stricte observance des dispositions de cet accord, où le cantonnement effectif et mesurable des combattants entre dans la stratégie du désarmement que demande l’Etat malien et qui est désormais condition sine qua non.

Il est totalement absurde et sûrement contre productif de vouloir me faire l’ennemi de telle ou telle communauté. Mon passé conforte mon présent.

J’ai partagé les nuits claires de Gao, Bourem, Ansongo, Tombouctou, Kidal, d’Ersann et Salam. J’ai dormi dans les campements et pris le lait de chamelle à la lueur du feu de bois par les rudes froids de cette belle partie de notre pays. J’ai écouté les riziculteurs et les vachers du Tilemsi, les chevriers et les chameliers de l’Adrar. J’ai travaillé avec eux et pour eux.

Par ailleurs, je sais que parmi ceux qui se sont battus hier contre les projets d’Etat Touareg au Sahel, il y a des Kel Tamasheq dont le patriarche El Mehdi, est revenu aujourd’hui à Bamako chez lui, après des mois d’exil. Qu’il en soit loué et que l’année nouvelle lui apporte succès et santé!

De la même manière, je sais que l’écrasante majorité de nos compatriotes Kel Tamasheq aujourd’hui forcés à un exil qui nous est pénible, sont républicains et maliens. C’est pour eux, justement, que nous devons accélérer la normalisation de notre septentrion.

Je veux la paix. Je désire ardemment la paix car je désire consacrer l’essentiel à construire et à développer au profit de tous et de toutes les communautés du Mali

Je ne veux que la paix. Rien que la paix, dans toutes les régions du Mali, dans toutes les communes du Mali qui doivent prendre le contrôle de leur développement dans un Etat qui ne sera plus, jacobin, centralisateur, mais distributeur et régulateur.

C’est la décentralisation, accompagnée d’une réelle dévolution de certaines compétences et ressources jadis aux mains de l’Etat, et impliquant une nouvelle forme de gouvernance territoriale, qui constitue la réponse à la demande d’une autre forme d’Etat tel qu’observable ailleurs.

Le Mali est dans cette réforme depuis 1992. Il la continuera. Et je m’engage à la porter à son seuil d’irréversibilité.

Le dernier front est celui de la politique extérieure du Mali. Notre pays s’est, en effet, trouvé propulsé à l’avant scène internationale. Sans l’avoir cherché. Sans même l’avoir voulu. Et hélas, pas de la meilleure des manières.

Il s’y est retrouvé, en quête quasi désespérée d’assistance mondiale, en nation vivant les affres d’un effondrement apparemment brutal de son Etat, Etat en réalité vermoulu depuis plus d’une décennie. Qu’on était loin du Mali rayonnant dans le monde, au point d’avoir abrité la naissance des principaux mouvements d’émancipation africaine ! Qu’on était loin du Mali de Modibo Keïta, et d’Alpha Oumar Konaré.

Il est donc d’importance avérée que, parallèlement à la restauration de l’Etat et de son autorité, le Mali retrouve ses lustres d’antan sur la scène internationale. Il importe que notre diplomatie revienne au niveau où l’avaient hissé Modibo Keita, Ousmane Ba son ministre des Affaires étrangères dont la voix ainsi que celles d’Alex Quaison Sackey, Abdul Aziz Bouteflika aux Nations Unies ravissaient les pays d’Afrique et du Tiers Monde.

Ce niveau qui permit au Mali de réussir là où avaient montré leurs limites, l’Ethiopie de l’Empereur Haïle Selassié, ou même l’Egypte de Gamal Abdel Nasser ; Qui permit ainsi au Mali de réussir la prouesse de mettre fin à l’absurde Guerre des sables opposant alors les Etats de deux peuples, qu’en réalité tout unissait et que tout unit encore de nos jours, de deux peuples, frères, et frères du peuple malien, au même titre. Je veux parler des peuples algérien et marocain.

C’est ici, en effet, à Bamako, que Sa Majesté feu Le Roi Hassan II et feu le président Ahmed Ben Bella scellèrent la paix qui mit fin à cette guerre fratricide. Mieux, sur le terrain, ce fut à deux officiers maliens, Léon Sangaré et Sékou Doumbia, que revint l’honneur de brandir les deux drapeaux blancs à partir des lignes belligérantes et de se retrouver en ligne médiane, pour les échanger, signifiant ainsi le cessez le feu. Il est souhaitable que cette belle fraternité imprègne de nouveau nos relations avec ces deux pays frères et entre eux.

Mes chers compatriotes,

Le Mali est bel et bien de retour. Notre récente tournée européenne nous aura permis d’en faire l’agréable constat. Paris, Bruxelles, Strasbourg et Berlin furent autant d’étapes importantes où des relations nouvelles, de qualité réelle, furent remises au goût du jour, telle la rencontre avec Mme Merkel.

Paris fut une confirmation de l’amitié française singulièrement de nos relations avec le président Hollande. Ce climat n’a sûrement pas été indifférent au choix de notre pays qui sort à peine d’une crise exceptionnelle, pour abriter la prochaine rencontre Afrique-France 2016. Honneur redoutable dont nous devrons faire la preuve du mérite. Sa préparation commence dès notre désignation. Une équipe ad hoc sera mise en place pour l’organisation de cette importante rencontre dans les tout prochains jours, Incha’Allah.

Mes chers compatriotes,

Je sais ce souvenir vivace dans vos esprits.

Pour terminer, je me tourne vers notre jeunesse pour lui dire : bonne année et bonne santé.

Vous les jeunes qui sortirez bientôt pour réveillonner, roulez prudemment ! Evitez les accidents ! De grâce portez des casques avant d’enfourchez vos motocyclettes. De grâce abstenez-vous de jouer avec les pétards. Ce faisant, vous mettez vos vies et celles d’autres en danger.

Le Mali a besoin de vous. Il a besoin de chacun de ses enfants.

Que Dieu nous donne un Mali prospère et stable dans une Afrique unie et solidaire!

Dieu protège et veille sur le Mali et l’Afrique dans un monde solidaire en humanité!

Et que 2014 soit l’année de tous les accomplissements !

Vive la République !

Vive le Mali ! »

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