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Mali - Serval : la France a-t-elle piégé les jihadistes en janvier 2013 ?
Publié le vendredi 10 janvier 2014  |  RFI


© AFP
Les trois régions administratives de Tombouctou, Gao et Kidal, dans le Nord du Mali, sont occupées depuis cinq mois par le Mouvement pour l`unicité du jihad en Afrique de l`Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l`Islam)


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Laurent Touchard travaille depuis de nombreuses années sur le terrorisme et l'histoire militaire. Il a collaboré à plusieurs ouvrages et certains de ses travaux sont utilisés par l'université Johns-Hopkins, aux États-Unis. Dans ce billet, il revient sur le déclenchement de l'intervention française au Mali, il y a tout juste un an, en janvier 2013 : et si Paris avait tendu un piège aux jihadistes en les poussant à se rapprocher de Bamako ?

Ce qui suit ne constitue pas une analyse qu'imprégnerait une stupide théorie du complot à propos de l'opération Serval. Bien au contraire : il s'agit de reprendre le fil des événements afin de constater quelque chose de singulier. Considérés chronologiquement et dans leur enchaînement, ces événements éclairent sous un jour nouveau le lancement de l'intervention française au Mali. À savoir, les autorités politiques et militaires françaises ont-elles habilement piégé les islamistes d'Ansar Eddine ainsi que les jihadistes d'Aqmi et du Mujao en les incitant fortement à se lancer à l'assaut du sud du Mali en janvier 2013 ? Beaucoup d'éléments concrets donnent à le penser...
L'art de la duperie militaire

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il convient de présenter en quelques mots ce que l'on appelle la "déception" dans le domaine militaire. Soviétiques puis Russes ont toujours été les champions de la maskirovka, ou comment leurrer l'adversaire. La Sowjetische Militärenzyklopädie, publiée à Berlin en 1978 définit très précisément ce concept : "(…) ensemble de mesures destinées à tromper l'ennemi quant à l'existence et l'emplacement (mise en place) de troupes (forces navales) et d'objets militaires, leur état, leur degré de préparation au combat et leur utilisation ainsi que la planification de conduite." Par ailleurs, il est écrit que "La maskirovka a pour but de garantir la surprise dans les actions des troupes (...)". Plus simplement, la maskirovka (ou déception) consiste donc à faire croire à l'adversaire des choses qui n'existent pas et à l'amener à baisser sa garde ou à agir d'une manière qui lui sera préjudiciable.

L'histoire militaire fourmille d'exemples quant à l'usage des mesures de déception diverses : le "cheval de Troie" qui permet aux Grecs de s'introduire dans les murs de la cité troyenne, l'opération Fortitude durant la Seconde Guerre mondiale qui conduit les hauts responsables allemands à penser que le débarquement allié en Europe de l'Ouest aura lieu dans le Pas-de-Calais plutôt qu'en Normandie, ou encore, les ruses développées par les Égyptiens dans le cadre des préparatifs qui aboutissent à la guerre du Kippour/guerre du Ramadan alors que les Israéliens ne sont pas prêts...
"La France n'interviendra pas"

Le 17 janvier 2012, les rebelles du MNLA, épaulés par les terrobandits d'Aqmi et les touaregs "perdus" d'Ansar Eddine, passent à l'attaque. Ils assiègent les garnisons du nord du Mali et, en virtuoses du combat mobile, étranglent les colonnes de secours. Au bout du compte, le dispositif militaire malien s'effondre et, le 6 avril, l'indépendance de l'Azawad est proclamée... Islamistes et jihadistes ne tarderont pas à chasser leurs ex-alliés du MNLA à leur tour en position de faiblesse (dont une partie des combattants sont "achetés" par les jihadistes). Fin juin 2012, tout est consommé et l'Azawad porte le voile de l'Islam, vit au rythme des châtiments corporels et des membres coupés au nom de la charia.

En dépit de cette emprise islamiste radicale sur le nord-Mali, François Hollande explique, le 14 juillet 2012, que c'est aux Africains de décider des modalités d'une intervention. Le 04 août, Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, déclare que la France ne prendra pas l'initiative d'une action armée. En octobre, le président français annonce encore : "Il n'y aura pas d'hommes au sol, pas de troupes françaises engagées" ; l'Hexagone apportera un soutien logistique mais pas direct.

Le 21 décembre, le chef d'État commente la décision du Conseil de sécurité de l'ONU, en date du 20 décembre : "Le temps de l'intervention militaire au Mali n'approche pas. (…) La résolution de l'ONU va permettre le dialogue politique. Ensuite, s'il y a toujours une occupation du Nord-Mali, ce sont les Africains qui mèneront cette opération avec le gouvernement malien." Cette résolution autorise le déploiement d'une force internationale par étapes et sans agenda. Le flou artistique règne donc quant à la libération du nord du Mali et, clairement, Paris n'en prendra pas l'initiative unilatérale.
Le piège ?

... suite de l'article sur RFI


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