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Sommet de la Cedeao : Ce que la CEDEAO a vraiment décidé
Publié le lundi 7 mai 2012   |  Procès Verbal


Réunion
© Reuters
Réunion de chefs d`Etat ouest-africains sur Mali et Guinée-Bissau
Abidjan,26 Avril 2012 - Des chefs d`Etat de l`Afrique de l`Ouest ont entamé à Abidjan un sommet extraordinaire consacré aux crises au Mali et en Guinée-Bissau


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Les commentaires vont bon train depuis le sommet extraordinaire de Dakar, tenu le 3 mai 2012. Les uns croient savoir que la junte malienne a fait reculer la CEDEAO, les autres que l’organisation sous-régionale est restée ferme sur ses positions. Qu’a réellement décidé la CEDEAO ? Analyse de Tiékorobani.

Jeudi 3 mai 2012, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont retrouvés à Dakar dans le cadre de leur deuxième sommet extraordinaire en une semaine. Ce sommet faisait suite et semblait destinée à préciser ou à réviser les décisions issues du sommet extraordinaire du 26 avril, tenu à Abidjan.

Ce qu’il faut retenir de la rencontre, au-delà des élucubrations des uns et des autres, c’est que la CEDEAO a révisé sa décision du 26 avril d’envoyer au Mali, avec « effet immédiat », une force militaire de 3.000 hommes ayant pour mission de « protéger les institutions de la transition ». Devant la levée de boucliers suscitée par cette décision au sein de la junte malienne et de ses associés civils, l’organisation sous-régionale a jugé bon de revenir en arrière: désormais, l’envoi des forces militaires de la CEDEAO dépendra d’une demande expresse du Mali, ainsi que le capitaine Amadou Sanogo l’avait exigé. Bien entendu, il s’agit là d’une concession de la CEDEAO à la junte malienne car chacun sait qu’au vu des rapports de force au Mali, ni le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, ni le président intérimaire, Dioncounda Traoré, ne se risqueraient à adresser une demande à la CEDEAO sans l’accord du CNRDRE.

Autre concession à la junte malienne, la CEDEAO demande au gouvernement et au président intérimaire du Mali d’« élaborer une feuille de route pour l’organisation d’élections transparentes ». Cela signifie, en clair, que la CEDEAO, au cas où le Mali le lui demanderait, serait prête à allonger ou à diminuer la durée de la transition qu’elle avait, le 26 avril, unilatéralement fixée à 12 mois. Durée que la junte malienne avait bruyamment refusée.

En somme, sur la durée de la transition comme sur l’envoi de forces militaires au Mali, la CEDEAO a fait preuve de flexibilité. Elle a ramené ses décisions au niveau de la volonté nationale du Mali car, en fait, ces questions peuvent faire l’objet d’une réflexion plus approfondie et gagneraient à rassembler le maximum de consensus au sein des forces vives maliennes. On peut aussi penser que les deux concessions de la CEDEAO résultent des discussions qui ont été engagées, dès au lendemain du 26 avril, entre le médiateur burkinabè, Blaise Compaoré, et le capitaine Sanogo. Ce dernier a même envoyé, par avion spécial burkinabè, une délégation militaire à Ouagadougou pour poursuivre les discussions.

Ce que la CEDEAO n’a pas changé d’un iota, c’est sa décision du 26 avril de nommer Dioncounda Traoré président de la transition. Cette décision n’a été ni modifiée ni annulée. La CEDEAO a même enfoncé le clou en demandant, dans son communiqué final, à la junte malienne « de s’abstenir de toutes actions susceptibles de perturber la transition ». Dans le même communiqué, lu par le Burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO, « La Conférence (des chefs d’États) renouvelle son appel aux forces armées du Mali de se consacrer aux missions régaliennes de protection de l’intégrité territoriale, des populations et de s’abstenir de toutes actions susceptibles de perturber la transition ». C’est dire que non seulement la CEDEAO maintient sa décision, mais aussi qu’elle récuse tout autre que Dioncounda (à commencer par le capitaine Sanogo) pour diriger la transition. L’intransigeance de la CEDEAO sur le sujet est-elle inspirée par le spectacle lamentable donné, il y a peu, à Ouagadougou, par les forces vives maliennes qui n’ont pu s’entendre sur rien ? Ou bien la CEDEAO a-t-elle décidé qu’au regard de sa complexité et de son importance, la question de la présidence de la transition malienne devait être tranchée, au nom de la paix et de la sécurité sous-régionales, par l’institution sous-régionale, en principe impartiale ? Ou encore la CEDEAO a-t-elle servi simplement de porte-parole de la communauté internationale, ONU en tête, qui exigent que le pouvoir, même transitoire, soit confié à un civil ?

En réalité, la principale question qui se pose après le sommet du 3 mai est la suivante: le capitaine Sanogo acceptera-t-il que Dioncounda reste président de la transition ou, au contraire, le chassera-t-il manu militari de ce poste à la fin des 40 jours d’intérim ? De la réponse à cette question cruciale dépendront la stabilité du Mali et la réaction de la CEDEAO. En la matière, l’arme fatale de la CEDEAO sera l’embargo, qui privera notre pays (et la junte aussi) de toute bulle d’oxygène économique.

Pour en rajouter à la polémique, Dioncounda Traoré, de retour de Dakar, a déclaré à la presse qu’il ne sera jamais un problème pour le Mali et que si le choix des Maliens devait se porter sur un autre après la fin des 40 jours d’intérim, lui ne ferait pas une seconde de plus au pouvoir. Certains déduisent de ces propos que Dioncounda a décidé de céder la place à Sanogo pour diriger la transition. C’est bien vite oublier que Dioncounda conditionne son départ au « choix d’un autre ». Qui fera ce choix ? Comment ? Qui sera cet autre ? Voilà les inconnues de l’équation posée par le professeur en mathématiques. En tout cas, démissionner de son poste de chef d’État avant ou après les 40 jours d’intérim serait, pour Dioncounda, la meilleure façon de lâcher la CEDEAO (qui l’a nommé président de la transition) et d’offrir, sur un plateau d’argent, la présidence au capitaine Sanogo. Mais nous pensons, quant à nous, que les propos de Dioncounda indiquent plutôt le capitaine Sanogo à la vindicte: en soulignant qu’il ne serait jamais un problème pour son pays et qu’il se tient prêt à démissionner si le choix se porte sur un autre, Dioncounda laisse entendre que le capitaine Sanogo se refuse à prendre un tel engagement et, de ce fait, constitue un problème pour le pays.


Tiékorobani maliweb

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