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MINUSMA – Universités : la boucle est bouclée, les jeunes se sont parlés et se sont compris !
Publié le mercredi 9 juillet 2014  |  minusma


© Autre presse par DR
Universités et MINUSMA : un partenariat solide pour la paix et la réconciliation


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C’était la dernière…la dernière d’une série de six rencontres. Une série qui, un trimestre durant et à raison de deux rendez-vous par mois, a réuni près de 2000 étudiants autour de 28 panelistes et autant de modules et de panels, portant sur des sujets certes variés, mais tous en rapport avec la paix, la réconciliation nationale, le rôle et l’implication de la MINUSMA, de la société civile mais aussi de la jeunesse.

« La jeunesse face à la crise malienne : quelles solutions ? » Tel était le thème de cet ultime rendez-vous. Et comme les précédents, celui-ci a respecté la tradition : même amphithéâtre 500 de la colline du savoir à Badalabougou, et surtout, même méthode de travail. Autour de ce thème, deux présentations majeures : celle du Docteur en sociologie, Bréma Ely Dicko, sur « Le rôle de la jeunesse dans la société malienne » et celle de Mohamed Salia Touré, président du Conseil National de la Jeunesse sur « la vision, le rôle et les actions du CNJ dans le processus de réconciliation nationale ».

A ces présentations, se sont ajoutés 3 témoignages au nombre desquelles, celui des jeunes du Conseil Communal de la Jeunesse (CCJ) de Gao, des membres de la plateforme « Ensemble nous sommes un peuple » ainsi que de la coordination de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM). Co organisée par la MINUSMA, à travers l’unité de Sensibilisation communautaire « Outreach » du Bureau de la communication et de l’information publique de la MINUSMA (PIO), il était logique qu’à cette rencontre, l’apport du Système des Nations Unies à la jeunesse malienne soit mis en exergue. Pour se faire des officiers ont été mis à contribution. Il s’agit d’Ali Daou, chargé de programme, sciences humaines et sociales et communication au bureau de l’UNESCO de Bamako, ainsi que deux autres de la MINUSMA, à savoir, Assitan Coulibaly des Affaires Civiles et Oschcard Kouadio de la Protection de l’Enfant. Samantha Buonvino de PIO/Outreach, et coordinatrice de ce projet est intervenue en dernière position pour présenter son unité et sa méthode.

Chacun de ces agents des Nations Unies a expliqué quel appui son agence ou sa section apporte ou envisage d’apporter à la jeunesse malienne.
Ainsi, Assitan Coulibaly a présenté la section des Affaires Civiles de la Mission : « Nous avons pour rôle d’apporter des appuis techniques mais aussi des conseils à la société civile dans son ensemble. Nous travaillons sur trois piliers : la restauration de l’autorité de l’État, la cohésion sociale et la gestion des conflits ainsi que l’appui à la société civile ». Parlant de l’appui des Affaires Civiles à la jeunesse malienne, Assitan Coulibaly a évoqué deux activités que sont : le forum de renforcement de capacités de la société Civile sur la participation citoyenne en novembre 2013, mais aussi et surtout, le forum de Gao qui s’est tenu les 22 et 23 Février 2014. Organisé par le Conseil Régional de la Jeunesse de Gao et le réseau des Jeunes patriotes en collaboration avec la MINUSMA, ce forum avait pour thème « Rôle de la Jeunesse dans la réconciliation et la construction d’une paix durable au Mali ». Un espace qui à l’époque avait enregistré la participation de plus de 150 jeunes venant des Régions de Gao, de Bamako, de Tombouctou, de Mopti, de Kidal et des Cercles d’Ansongo, de Ménaka et de Bourem.

Indissociable de la jeunesse, l’enfance et surtout son bien-être et sa protection, sont des préoccupations majeures des Nations Unies. Cchaque Mission de maintien de la paix possède une section chargée de la Protection de l’Enfant. L’intervention d’Assitan Coulibaly a donc été suivie de celle d’Oschcard Kouadio, officier de la Section Protection de l’Enfant. M. Kouadio a présenté sa section dont l’action s’articule autour de trois points essentiels. Le premier est le soutien à la mise en œuvre du mandat de la protection des personnes vulnérables. Le second est l’appui technique et le renforcement de capacités des organisations et associations de jeunes, notamment avec le parlement des enfants dont le programme de formation en droit et protection de l’enfance est en cours de finalisation. Le troisième est la surveillance et la communication des graves violations faites aux enfants en période de conflit armé, la Section de la Protection de l’Enfant dénonce et rapporte les cas de violences faites aux jeunes enfants en appelants les acteurs du conflit à s’abstenir de commettre les violations contre les enfants. Un mandat qui doit permettre de garantir un environnement sain et protecteur aux jeunes et enfants Maliens.

« Aussi faut-il que, par le moyen de la participation qui est un principe fondamentale de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), la jeunesse malienne puisse exercer le droit à l’expression et s’impliquer effectivement dans le processus de réconciliation » a déclaré Kouadio, avant d’ajouter « les adultes déclarent et attisent les conflits, il est aussi regrettable de constater que c’est la jeunesse et les enfants qui paient le plus lourd tribu de ces conflits. Ainsi, quand la jeunesse et les enfants d’une nation sont atteints de plein fouet par le conflit, c’est la Nation toute entière qui est mise à mal. Alors, si toute la jeunesse du Mali est protégée et guérie de son mal, si elle s’implique dans le processus de réconciliation, au respect de son droit à la participation, c’est le peuple du Mali tout entier qui sera réconcilié dans une mélodie, une harmonie, voire une symphonie dont la jeunesse est le maitre d’œuvre ! ».

A l’instar des autres rencontres, celle-ci a également montré une complémentarité entre la MINUSMA et les agences des Nations Unies. Pour preuve, la communication d’Ali Daou représentant l’UNESCO. En effet, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education la Science et la Culture évolue dans le même sens que la MINUSMA, et ce, comme elle l’a toujours fait en soutenant les initiatives de jeunes et en créant des projets qui leurs sont adaptés. Ainsi, Ali Daou a présenté le projet d’implication de la jeunesse dans la gestion des conflits et la culture de la paix via les réseaux sociaux : « L’objectif visé est que nous puissions responsabiliser la jeunesse, qu’elle prenne conscience du rôle qu’elle a à jouer dans la crise malienne et également contribuer à l’émergence d’un nouvel esprit de paix et de non-violence ».

Avec pour ambition de former 1500 jeunes, le projet doit permettre l’envoie de 5000 sms par semaine, afin que les jeunes eux-mêmes les partagent. Ces sms contiendront des slogans et des messages liés à la culture de la paix. « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix », telle est l’une des déclarations de l’acte constitutif de l’UNESCO et qui guide les actions de l’organisation au Mali. Ainsi, d’après M. Daou, l’UNESCO envisage de poursuivre l’appui aux initiatives de la jeunesse et au renforcement de ses capacités, afin bien-sûr, que s’établisse définitivement dans son esprit, la culture de la paix. Mais, ce n’est pas tout, directement en charge de la sauvegarde du patrimoine culturel, l’organisation prévoit également, de favoriser une plus grande implication des jeunes maliens dans ce domaine.

Expériences et engagement de la jeunesse

Avant que ne s’exprime les Nations Unies, de jeunes maliens ont eu à partager leurs expériences et leur engagement. Ainsi la plateforme pour la paix « Ensemble nous sommes un peuple », était représentée par Fanta Coumba Karambé et Yvette Ngomo Ndongo. Les deux jeunes femmes ont présenté la plateforme. Un ensemble d’une trentaine d’associations et de regroupements dont le but est de sensibiliser la population mais aussi les décideurs sur la paix, la réconciliation nationale, la cohésion et le dialogue comme vecteur de développement et d’union. Ceci en appuyant les activités des associations membres, comme nous l’explique Fanta Coumba Karambé : « On fait un programme d’activités qui touchent un peu toutes les couches, ça peut être les femmes, les transporteurs, des étudiants ou des enfants et on mène des activités de sensibilisation ». En tant que jeune femmes, Fanta estime que le rôle de la femme est capital : « La jeune fille doit s’impliquer autant que le jeune homme. […] Les femmes ont le pouvoir de mobiliser, d’encourager, et d’amener des ondes positives afin que tous les projets se concrétisent ! ».

Bon exemple d’engagement réussit, celui des jeunes du CCJ de Gao. Grâce à leur activité autour du théâtre, ils ont pu obtenir des résultats plus que satisfaisant en terme de sensibilisation à la paix, comme le déclarait Issa Boncana, l’un des responsables du projet, lors de sa présentation : « Avant notre action, les communautés s’ignoraient. Aujourd’hui, elles sont entrain de recommencer à vivre ensemble ».

Dernier témoignage de l’engagement de la jeunesse malienne dans l’atteinte de ces objectifs que sont la paix et la réconciliation, celui de l’AEEM, représenté ce jour par un ancien membre du bureau Moussa Kimbiri. Selon lui, l’association des élèves et étudiants du Mali a, depuis un certain temps, fait le choix de mettre l’intérêt supérieur de l’école malienne et donc du Mali en avant. En effet, le bureau de l’association a décidé de continuer à mener ses revendications sans pour autant faire grève et céder aux débrayages. Une attitude jugée salutaire par le modérateur du jour, pour qui, l’AEEM « est devenue responsable ».

Une AEEM responsable, une jeunesse qui a conscience de son rôle et de son poids dans la société, telle semble être la dernière étape de l’évolution de la jeunesse à travers le temps, décrite par le Dr Bouréma Ely Dicko au cours de sa présentation : « On est passé d’une implication semi directe des jeunes à travers les tons villageois puis les milices à l’indépendance. Ensuite sous la dictature on est arrivé à une jeunesse cooptée, et enfin, de l’avènement de l’ère démocratique à nos jours, nous sommes passé à une jeunesse engagée puis instrumentalisée ». Pour le Dr Dicko, la jeunesse doit désormais se prendre en, main : « la jeunesse doit d’abord s’informer et créer un lobby. C’est-à-dire : on s’informe, on constitue une cellule de veille et quand on pense que ça ne va pas, on dit non ! Il faut dire la vérité et c’est comme cela que l’on peut arriver à une nation unie et souveraine ».
C’était donc la dernière séance de ces rencontres, précédée par une cérémonie de clôture. En effet, les partenaires que sont l’Université des Sciences Juridiques et Politique de Bamako et la MINUSMA étaient représentés au plus haut niveau, le tout sous la présidence du chef de cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Konaté, en lieu et place de son Ministre empêché ce jour là. Pour le Professeur Abdoulaye Diarra, recteur de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université de Bamako, l’apport de ce partenariat fécond avec les Nations unies est inestimable : « il s’agit d’intégrer le monde universitaire dans la recherche de solutions clefs à la crise que notre pays traverse et, la jeunesse malienne, indissociable des université doit contribuer à la paix et à la réconciliation nationale. C’est dans ce cadre que ce thème a été initié par la MINUSMA et les université, toutes les universités du Mali, pour une sensibilisation et pour permettre de faire comprendre la nécessité de la paix et de la réconciliation nationale pour une sortie de crise ».

Avant de conclure, M. le Recteur a tenu à faire part de sa satisfaction quant à la conduite du projet : « Compte tenu des résultats très positifs acquits suite à ce partenariat, il serait même souhaitable, à un haut niveau, de formaliser ce type de partenariat, pour que nous puissions pérenniser de telles rencontres susceptibles de renforcer la paix une fois qu’elle sera acquise ». Délégué par le Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies au Mali, M. Damien Mama était venu porter aux autorités des Universités, aux autorités de la commune V du district de Bamako mais aussi aux étudiants, le message du chef de l’ONU au Mali.

« Ce sont ces jeunes devant vous qui sont le futur de ce pays et ce sont eux qui doivent assurer cette paix »

Après avoir remercié l’État Malien pour son implication dans ce projet, M. Mama, en faisant référence aux propos du Recteur, a rappelé l’importance que revêt ce projet non seulement pour la MINUSMA mais surtout pour les jeunes : « Je tiens à souligner que l’inclusion et l’implication des jeunes est cruciale dans toute dynamique de réconciliation, et je pense que les autorités rectorales et ministérielles l’ont bien compris ». S’adressant aux étudiants qu’il a qualifiés de potentiel intellectuel du pays, M. Mama leur a dit ceci : « Votre engagement citoyen et social est donc un élément déterminant dans le processus de consolidation de la paix durable au Mali. Vous avez un rôle très important à jouer aussi bien dans les amphithéâtres que dans vos différentes maisons ». Avant de finir son allocution, l’envoyé du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies au Mali, a réaffirmé le rôle de la MINUSMA vis à vis de la jeunesse du Mali. Cette jeunesse malienne, que M. Mama qualifie de « masse critique importante et positive », qu’il est fondamental de soutenir : « Notre rôle majeur à la MINUSMA est de renforcer leur capacité d’auto organisation afin de les aider à mieux se faire entendre et à mieux se faire comprendre car il est très important que les jeunes puissent se faire comprendre ». Le discours de Damien Mama s’est achevé sur un appel lancé à la jeunesse malienne pour qu’ils deviennent tous des acteurs et ambassadeurs de la paix, non seulement dans leurs amphithéâtres, mais aussi et surtout dans leurs maisons et leurs communautés.

En dernier lieu, c’est l’État Malien, par la voix du chef de cabinet du Ministre, qui s’est exprimé. Dès l’entame de son discours, le professeur Konaté, s’adressant au délégué du chef de la MINUSMA, a tenu à appuyer les propos de ses prédécesseurs : « vous ne vous êtes pas trompé d’encrage sociétal, effectivement, ce sont ces jeunes devant vous qui sont le futur de ce pays et ce sont eux qui doivent assurer cette paix ». Remerciant la MINUSMA et les Université pour l’initiative ainsi que le comité d’organisation pour son professionnalisme, le professeur Konaté a rappelé l’importance que revêt la paix pour les plus hautes autorités du Mali : « la recherche d’une paix durable est une priorité absolue pour le président de la république et son gouvernement. Le monde universitaire à l’instar de toutes les couches de la population doit être mobilisé pour cette cause nationale ». Avant de souhaiter à tous une bonne conférence, le Professeur Konaté a tenu à réitéré toute sa satisfaction quant à la conduite de ce projet qui est un véritable succès.

Un succès qui n’est pas due au hasard mais qui est le fruit des efforts conjugués des étudiants, du corps académique mais aussi des membres de l’unité outreach de la MINUSMA, dont la mission est la conception et la mise en œuvre d’activité de sensibilisation auprès du grand public ou de publics plus spécifiques. Ceci avec une démarche collégiale expliquée par Samantha Buonvino responsable de l’unité : « notre objectif est d’associer le public et les partenaires dès la phase de planification. Cela pour des raisons bien claires : tout d’abord pour faciliter un processus d’appropriation et de renforcement des capacités, mais aussi pour établir un cadre de dialogue d’échanges et de réflexions avec le public, qui nous permet ensemble d’identifier des pistes de solutions contextuellement adéquates et viables. Quand un problème est interne, la solution ne peut que ressortir de l’interne, pour qu’elle soit adéquate et efficace. Nous travaillons ensemble pour mener ces efforts, dans une dynamique d’engagement citoyen conjointe ». Une méthode qui dans le cas précis de ses rencontres a été utilisée. Lancinet Sangaré, assistant à l’unité outreach, nous parle de la préparation de cet événement : « les étudiants eux-mêmes ont proposé les thèmes, dont le choix n’était pas fortuit car tous étaient en relation avec la crise que traverse le pays. Par exemple, Il était important de parler de l’aspect économique ou de la tradition dans la gestion du conflit et la recherche de la paix ». Fait marquant souligné par Sangaré, c’est l’engagement et l’engouement des étudiants pour ces rencontres : « Nous savons bien que pendant les élections ou même pour que les jeunes fassent 100 pas, il faut les motiver avec de l’argent, des t-shirt ou du thé. Pour cette activité, rien a été donné, pas un copeck et cela doit être valorisé et encouragé ! ».

Voilà, ainsi se terminent ces rencontres, sur lesquelles, tout a été dit : initiative salutaire, succès scientifique et citoyen…Tout a été dit ou presque, puisque ces rencontres sont d’abord et avant tout un succès humain, le succès de la recherche, du savoir, du partage et de l’échange sur le conflit et la guerre, le succès du dialogue pour la paix durable au Mali.

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