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Primature : Les jours de Mara comptés ?
Publié le lundi 21 juillet 2014  |  L’aube


© aBamako.com par mouhamar
Primature : Moussa Mara offre un repas de rupture du jeûne aux médias
Bamako, 18 Juillet 2014. Primature. ,Son Excellence Moussa MARA, Premier ministre, Chef du gouvernement du Mali a offert ce vendredi un repas de rupture du jeun aux médias nationaux et internationaux ainsi qu`aux chargés de communication des départements ministériels, aux agences de communication, aux fournisseurs d`images et aux communicateurs traditionnels.


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C’est plausible : Moussa Mara est en disgrâce. Plus que de simples signes, les nombreux signaux émanant de communiqués, déclarations, attitudes, confidences de diverses structures et entités annoncent le départ, sinon imminent, au moins quasi inévitable du Premier ministre. Aujourd’hui, les partis politiques de l’opposition, le parti majoritaire (Rpm), les groupes armés, les partenaires et bailleurs de fonds etc., désavouent l’action du Premier ministre et, au-delà, sa personne. Tous voudraient et souhaiteraient qu’il soit débarqué par le président de la République. De sources bien informées, Ibrahim Boubacar Kéïta aurait décrypté cinq sur cinq les codes. Alors, les jours de Mara à la Primature sont-ils comptés ?
« Mara : La chute ! ». Voilà un titre qui pourrait bientôt s’afficher à la Une des canards maliens sans que le plus fervent adepte du Premier ministre en soit surpris, ni étonné.
Arrivé dans la plus grande désapprobation des couches sociopolitiques jamais enregistrée après la nomination d’un Premier ministre au Mali, Moussa Mara avait pu esquiver les coups, puis laisser passer la tempête et même stabiliser son fauteuil. Du moins jusqu’à cette date fatidique du 17 mai 2014 où il plongea le Mali dans la plus grande humiliation de son existence.
En effet, la date du samedi 17 mai 2014 est désormais indissociable de la vie de Moussa Mara et de l’histoire du pays. En ce sens qu’elle consacre doublement la perte (définitive ?) de Kidal et le début de la série de désaveux et de contestations à l’endroit de Mara.
A titre de rappel, contre l’avis de la Minusma et de Serval, le Premier ministre, Moussa Mara a effectué une visite de défiance à Kidal le samedi 17 mai 2014. En riposte, les populations de Kidal manifestent et s’en prennent à la délégation qu’il conduit et les groupes rebelles investissent le gouvernorat et égorgent 8 Administrateurs civils et personnel du gouvernorat. Le lendemain et jours suivants, le Premier ministre multiplie les propos qui s’assimilent à une déclaration de guerre. Le 19 mai, il est conforté dans ses déclarations par le chef de l’Etat dans son adresse à la nation. Et, effectivement, le mercredi 21 mai, l’armée malienne déclenche la guerre pour libérer le gouvernorat de Kidal, contrôlé par les groupes armés. Malheureusement, l’opération se solde par une véritable débandade des Forces armées maliennes. Le bilan est lourd, même très lourd : 36 morts (officiellement), des dizaines de blessés et de prisonniers. Les groupes armés du Mnla, du Hcua et du Maa ont gagné, presque sans forcer. Le président de la République a dû forcer un cessez-le-feu obtenu, au pas de course, par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, appelé en catastrophe au secours. Le peuple et la nation maliens venaient de connaître la plus grande humiliation de leur histoire et l’Etat malien, le pire affront. Le chef de l’État a lui aussi perdu une grande partie de sa crédibilité.
A cause de cet acte (digne de Haute trahison ?) de Moussa Mara, Kidal nous échappe pour de bon, et les groupes armés reconquièrent toutes les localités du Nord, et même au-delà jusque dans le Gourma. Le pays est aujourd’hui divisé en deux par la faute de Moussa Mara.

Démissionnez Mara !
Il n’en fallait pas plus pour déclencher une réaction prompte de l’opposition parlementaire. En effet, aussitôt après la débâcle de Kidal, l’Union pour la République et la démocratie (Urd), le Parti pour la renaissance nationale (Parena), et le Parti pour la restauration des valeurs du Mali-Faso ko (Prvm-Faso ko) réagissent et signent une déclaration dans laquelle ils réclament purement et simplement la démission du Premier ministre, Moussa Mara. Extrait : « Le président de la République, le Premier ministre et tout leur gouvernement sont les principaux responsables de la tragédie de Kidal et de l’humiliation de notre pays. (…) Face à la gravité de la situation, nous exigeons la démission du Premier ministre Moussa Mara et la dissolution du gouvernement ».
Au moment où tout le monde pensait qu’il allait donner sa démission et libérer le peuple et le président Ibrahim Boubacar Kéïta du lourd fardeau de sa présence au poste de Premier ministre, Moussa Mara ne donne pas suite à la colère légitime de l’opposition. Au contraire, il la nargue. Celle-ci use alors de son droit constitutionnel de la motion de censure pour remettre sur la table la démission du Premier ministre. « Il est incapable de résoudre les problèmes urgents de l’heure », défendait Soumaïla Cissé, parrain de l’Urd et chef de l’opposition parlementaire, pour justifier le dépôt d’une motion de censure « pour réclamer la démission du Gouvernement, avec à sa tête Moussa Mara.
Dans cette motion de censure, déposée le 13 juin, les signataires écrivent que notre pays s’enfonce dans une crise économique, sociale et sécuritaire profonde marquée notamment par la mal gouvernance et la quasi absence de dialogue politique. En outre, selon eux, le Mali se trouve dans l’impasse sur plusieurs questions, avec la gestion calamiteuse des finances publiques, les mensonges au sommet de l’État sur l’achat d’un avion présidentiel et sur l’ouverture des hostilités à Kidal, une école qui va mal, surtout compte tenu de l’organisation chaotique des épreuves du DEF et du baccalauréat lors desquelles des fraudes massives ont été relevées, le peu de lisibilité dans les négociations de Kidal.

Lâché par IBK
En déclarant la guerre aux groupes rebelles du nord, on suppose que Mara s’est attiré l’antipathie de ceux-ci. Pire (pour lui), lors de sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre annonçait que «tous les déserteurs sont radiés ou seront radiés» et qu’aucun rebelle n’intégrera plus l’armée malienne. Même si à la veille des pourparlers d’Alger, il s’est dédit en en affirmant que «les rebelles seront réinsérés dans l’armée, dans la police, la gendarmerie et la garde nationale», il n’en demeure pas moins que les rebelles ne le portent plus dans le cœur. Alors, Mara est perdu.
En plus, il est de notoriété publique aujourd’hui que le Premier ministre est dans le viseur des bailleurs de fonds. Dans le froid créé dans les relations entre le FMI et la Banque mondiale et le Mali, ces institutions en veulent plus à Moussa Mara qu’au président de la République. Parce que le Premier ministre a multiplié les mensonges dans des dossiers incriminés par Bretton Woods tels que l’achat de l’avion présidentiel d’IBK. Les grands analystes murmurent que tant que Moussa Mara est à la tête du gouvernement malien, le FMI et la Banque mondiale repousseront indéfiniment le décaissement de leur aide au Mali. C’est dire que Mara cause un tort terrible à notre pays.
Un autre signal du départ de Moussa Mara, c’est qu’il est lâché par ses alliés (forcés) du Rpm, le parti présidentiel. Dans une confidence faite à notre confrère L’Indépendant la semaine dernière, le député Mamadou Diarrassouba, membre du Bureau politique national du Rpm, déclare ceci : «…Même le Premier ministre ne voit pas de mal en cela. Dans tous les pays démocratiques, la majorité présidentielle a pour colonne vertébrale, le parti majoritaire, qui est le RPM, avec 75 députés. Aujourd’hui, il est évident que c’est ce parti qui doit être le socle de la majorité au pouvoir. Nous avons rencontré le président de la République pour lui dire que nous souhaitons que le chef de la majorité présidentielle sorte des rangs du Rpm ». Concrètement, le Rpm veut retirer à Mara la présidence de la Coalition de la majorité présidentielle (créée à son initiative).
Mais, l’acte le plus édifiant sur le débarquement de Moussa Mara de la Primature vient du président de la République lui-même. En effet, lors du dernier conseil des ministres, Ibrahim Boubacar Kéïta aurait vertement tancé son Premier ministre. Lui aussi a-t-il lâché Mara ? Si tel est le cas, l’ancien maire de la commune IV pourrait bien retourner bientôt à Lafiabougou. Pour l’honneur du Mali. Pour le bonheur des Maliens.

Sékou Tamboura

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