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Année 2014 : Dédiée à la lutte ou à la promotion de la corruption?
Publié le mercredi 20 aout 2014  |  Le Républicain




Pour avoir l’estime et la confiance des partenaires techniques et financiers, le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta, nouvellement élu, s’est empressé de déclarer l’année 2014 comme étant celle de la lutte contre la corruption au Mali. Dès lors, des slogans aux relents populistes tels que « nul n’est au déçu de la loi », « il ne saurait y avoir ni passe droit ni sauf conduit », « plus jamais, l’argent des Maliens ne sera détourné », sont véhiculés par ses soins à travers les médias.

Mais aujourd’hui, après 11 mois seulement de gestion des affaires publiques, la surprise des maliens est sans appel. Car, la corruption s’est installée dans toutes les sections d’activités du pays. Et pire, c’est le secteur de la défense du pays qui devient la nouvelle proie des délinquants financiers en ces moments de crise sécuritaire. Quel gâchis ! Surtout quand ce sont les noms de certains hauts responsables de la haute administration de l’Etat qui sont indexés comme étant les coupables.

En déclarant l’année 2014 comme étant celle de lutte contre la corruption, le Président de la République était-il vraiment sincère ? C’est la question que se pose aujourd’hui le Malien lambda qui commence à douter, voire même à désespérer de la promesse du Président IBK à assainir la gestion des affaires publiques. Car, s’il a été premier Président à avoir cette audace, l’histoire retiendra aussi que c’est sous son régime que le phénomène a atteint son paroxysme. Si auparavant le détournement des fonds publics se faisait sans grands bruits, avec ce nouveau régime, il est devenu un système de gestion. Et même, notre système de défense n’échappe pas à cette corruption à ciel ouvert. Le comble, c’est que les présumés coupables ne se gênent même plus à défendre leur forfait au grand public. Les faits sont parlants.

De mémoire de témoins de l’ère démocratique, jamais une gouvernance au Mali n’a été autant décriée par les partenaires techniques et financiers du pays. De l’avion présidentiel en passant par le marché de gré à gré de fournitures en armement, le régime d’IBK s’est hissé d’office en peloton de tête de tous les régimes de l’ère démocratique pour sa mauvaise gouvernance et pour la corruption au sommet de l’Etat. Et la sanction infligée par le FMI, la Banque Mondiale et l’Union Européenne n’est pas pour arranger les choses.

Ce sont les noms des hauts responsables du pays qui sont cités dans des affaires louches. C’est-à-dire ceux-là même qui sont censés être à l’avant-garde de la lutte. Et ils n’ont pas l’intention de lâcher-prise. En témoigne aujourd’hui, l’affaire des camions citernes dont le prix a été facturé à 210 millions de F CFA pour un véhicule qui est estimé à moins de 39 millions sur le marché. Toutes choses qui font du coup de 2014 une année des scandales financiers au Mali.

Youssouf Z KEITA
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