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Crise au nord du Mali : Le Mujao met l’Algérie dans le dilemme !
Publié le jeudi 13 septembre 2012  |  Le Républicain


Les
© AFP
Les trois régions administratives de Tombouctou, Gao et Kidal, dans le Nord du Mali, sont occupées depuis cinq mois par le Mouvement pour l`unicité du jihad en Afrique de l`Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l`Islam)


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Après la chute des villes du nord, les islamistes ont fait irruption dans le consulat d’Algérie à Gao le 5 avril dernier pour prendre en otage sept diplomates dont la libération de trois d’entre eux a été annoncé dans un communiqué datant du 12 juillet par le porte parole du Mujao. Ainsi, ces trois otages ont été libérés grâce à des négociations intenses menées par la diplomatie algérienne. Cependant, l’arrestation de trois djihadistes algériens le 15 Août par les autorités algériennes a été suivie quelques jours plus tard par une requête du Mujao menaçant Alger de représailles s’il ne les libère pas immédiatement. Et quand on sait que le principe de l’Algérie est de ne pas céder au chantage des terroristes et que tout récemment le Mujao a annoncé avoir exécuté le vice consul, on peut dire que les autorités algériennes sont aujourd’hui sous pression.

La libération des trois diplomates parmi les sept qui étaient détenus en otage par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a été un grand soulagement pour leurs familles et aussi pour l’Etat algérien. Mais les islamistes viennent de changer le processus de cette négociation tout en demandant aux autorités algériennes de libérer des personnes qui faisaient déjà objet de poursuites judiciaires sous peine de représailles.

Il était évident que cette derrière cette demande il y avait un jeu de chantage à l’endroit des autorités qui ne pouvaient en aucune manière aller à l’encontre de leurs propres lois.

Mais le maitre chanteur est passé à l’action avec l’annonce de l’exécution du vice consul Tahar Touati qui était retenu en otage depuis cinq mois déjà. Même si l’Etat algérien reste perplexe en ce qui concerne la véracité de cette information, l’évolution de la situation met l’Etat algérien dans un dilemme : est- ce que l’Etat algérien libérera ces terroristes d’AQMI pour sauver la vie des trois autres otages laissera-t-il leur sort aux mains des djihadistes à cause de son principe ? En tout cas, les autorités algériennes semblent gérer ce dossier avec la plus grande prudence.

Car les risques de voir un nouveau revers de la diplomatie algérienne qui conduirait à l’exécution des autres fonctionnaires algériens n’ont jamais été aussi grands.

Si le ministère des Affaires étrangères a reconnu, dans son communiqué dimanche dernier, que les contacts avec les ravisseurs n’ont pas été rompus, très peu de détails ont filtré sur les négociations.

Avant l’exécution de Tahar Touati, le Mujao avait accordé un délai de huit jours à Alger pour libérer trois terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), dont l’influent Necib Tayeb dit Abderrahmane Abou Ishak El Soufi, présenté comme le bras droit de l’émir d’AQMI, Abdelmalek Droudkel.

L’Algérie, qui a toujours tenu au principe de ne jamais céder au chantage des terroristes est aujourd’hui dans l’embarras. Comme l’était, il y a plus de deux ans l’Etat malien dans l’affaire de l’otage français Pierre Camate. A son propos, Bamako a cédé aux exigences des terroristes. Cette affaire, on le sait bien, avait fini par créer un scandale diplomatique entre le palais de Koulouba et celui d’Elmouradia par le rappel de son ambassadeur à Alger pour consultation et l’ambassadeur du Mali en Algérie au ministère des affaires étrangères pour des explications.

Ousmane Baba Dramé

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