NOUAKCHOTT - Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ses deux groupes jihadistes alliés contrôlant le nord du Mali réclament de Bamako "les assassins" de prédicateurs musulmans tués en septembre dans le centre du pays, menaçant de représailles en cas de refus, dans un communiqué diffusé samedi.
"Les Moudjahidine demandent au gouvernement malien de leur remettre immédiatement les assassins de ces prédicateurs sans défense tués par l'armée malienne pour les juger et prononcer contre eux la vengeance au nom de la charia (loi islamique)", déclarent Aqmi, Ansar Dine (Défenseur de l'islam) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) dans ce communiqué commun publié par l'agence privée mauritanienne en ligne ANI à Nouakchott.
"Ceci constitue une menace que nous adressons à l'Etat malien et à son
armée, et dans le cas contraire, les Moudjahidine prendront les mesures qui
s'imposent", avertissent-ils, s'exprimant au nom d'un "Conseil de la Choura"
(assemblée consultative) qu'ils ont formée et établie dans le nord du Mali.
Ces vastes régions représentent deux tiers du territoire malien. Elles sont
tombées entre fin mars et début avril sous le contrôle de ces organisations
jihadistes et d'autres groupes armés, dont une rébellion touareg que les
islamistes ont ensuite évincée du Nord en juin.
Le 8 septembre, 16 personnes - qui seront ensuite identifiées comme des
membres de la secte musulmane Dawa présente au Sahel - ont été tuées par des
militaires maliens à Diabali (centre du Mali).
Selon la version des autorités maliennes, l'armée avait ouvert le feu sur
leur véhicule, de nuit, dans des conditions encore troubles. Le Mali a ouvert
une enquête dont les résultats n'ont pas encore été communiqués.
Les Mauritaniens ont précisé que les prédicateurs, des pacifistes, étaient
désarmés lorsqu'ils ont été abattus. Neuf corps ont été rapatriés et inhumés
en Mauritanie.
Cette fusillade a créé un malaise entre le Mali et la Mauritanie qui
partagent plus de 2.200 km de frontières et sont tous deux affectés par des
activités d'alliés d'Al-Qaïda au Sahel, mais le président mauritanien Mohamed
Ould Abdel Aziz a appelé à ne pas accabler son voisin tout en exigeant une
enquête indépendante et des sanctions contre les auteurs de la tuerie.