Politique
Une guerre dans le nord du Mali sera "l`arrêt de mort des otages français" (Aqmi)
Publié le samedi 20 octobre 2012 | AFP
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Sahel: les 4 Français enlevés en 2010 au Niger, en vie, selon une nouvelle vidéo Un site privé mauritanien d`informations a publié samedi une vidéo montrant quatre Français otagesd`Al-Qaïda au Sahel, qui appellent tous à négocier pour leur libération, vidéo tournée fin août selon un des otages et diffusée à huit jours du 2e anniversaire de leur rapt au Niger. |
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AFPTV - 15/9/2012
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NOUAKCHOTT - Yahya Abou El Hamame, nouveau chef d`Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour le Sahel et le Sahara, a affirmé à un média mauritanien qu`une intervention militaire dans le nord du Mali, dont le principe est acquis, signera "l`arrêt de mort des otages français" aux mains d`Aqmi.
Dans cet entretien en arabe diffusé samedi par l`Agence Nouakchott Information (ANI, privée), Yahya Abou El Hamame fustige le soutien du président français François Hollande à une force africaine en préparation pour aider les militaires maliens à récupérer le nord du Mali, occupé depuis près de sept mois par divers groupes islamistes armés dont Aqmi.
La branche maghrébine d`Al-Qaïda détient neuf Européens dont six Français.
"Je veux dire aux familles des otages que l`option de guerre, apparemment décidée par M. Hollande, signifiera nécessairement qu`il aura signé l`arrêt de mort des otages français. (...) M. Hollande en supportera tout seul la responsabilité", a déclaré Yahya Abou El Hamame, un Algérien qui a été nommé "émir" d`Aqmi en remplacement de son compatriote Nabil Makhloufi dit Nabil Abou Alqama décédé en septembre dans le nord du Mali.
Cette déclaration est publiée au lendemain d`une réunion à Bamako de hauts représentants de la communauté internationale, qui ont demandé au Mali de redoubler d`efforts pour faciliter l`envoi d`une force armée pour combattre les groupes islamistes armés dans ses régions du Nord.
Il y a une semaine, un responsable jihadiste présent dans le nord du Mali avait aussi menacé de mort les otages français et le président Hollande, qui a réagi en affirmant sa "grande détermination" à tenir la "ligne" fixée par la France sur la lutte contre le terrorisme et appelé les ravisseurs des otages français à les libérer "avant qu`il ne soit trop tard".
Yahya Abou El Hamame a accusé François Hollande d`avoir choisi "l`escalade
au lieu de la négociation".
Selon lui, l`Occident a adopté une "nouvelle stratégie" pour mener "des guerres par procuration (...) après l`échec de ses interventions directes en Afghanistan et ailleurs" et il "agit aujourd`hui par l`intermédiaire de ses acolytes locaux", allusion aux Etats ouest-africains.
Une force armée de quelque 3.000 hommes venant de pays de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao, 15 membres), est en préparation, avec l`aval de l`ONU, pour la reconquête du nord du Mali.
Le responsable d`Aqmi doute que la Mauritanie, voisine du Mali mais qui n`est pas membre de la Cédéao, puisse rester à l`écart de cette guerre même si le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé en août dernier qu`il n`entendait pas y participer.
"Si la Mauritanie veut rester hors du champ de nos objectifs (militaires), elle sait ce qu`elle doit faire", a-t-il dit, sans autres précisions.
Ancien général putschiste élu en 2009, le président mauritanien mène une politique très active contre Aqmi, et a ordonné des raids contre des bases d`Aqmi au Mali en 2010 et 2011.
Yahya Abou El Hamame a par ailleurs fait état de différences entre Aqmi et les deux autres groupes islamistes armés avec lesquels elle contrôle le nord du Mali: Ansar Dine (Défenseurs de l`islam) et le Mouvement pour l`unicité et le jihad en Afrique de l`Ouest (Mujao), même si tous les trois sont jihadistes et prônent l` application de la charia (loi islamique) dont ils ont une interprétation rigoriste.
Selon lui, les dirigeants d`Ansar Dine "limitent leur action au seul Azawad (nord du Mali)" alors que Aqmi a un objectif plus large dépassant le Mali, car entendant mener un "jihad international". Quant au Mujao, il a été formé par des membres d`Aqmi "dont nous refusons toujours la dissidence, mais avec lesquels nous coopérons et restons en dialogue permanent", a-t-il dit.
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