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Ligne de Force : Exit mon capitaine
Publié le lundi 14 mai 2012   |  L'Indépendant


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© AFP
Des émissaires ouest-africains à Bamako pour dialoguer avec l`ex-junte
Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et Adama Bictogo, ministre ivoirien de l`Intégration africaine


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L’échec des pourparlers de cinq jours entre les émissaires de la CEDEAO et le CNRDRE autour de la durée de la transition et de la personne qui doit la présider place la junte militaire de Kati devant un dilemme : accepter une transition sans elle et retourner dans les casernes pour préparer la reconquête des deux tiers du territoire national passés sous le contrôle de groupes armés scissionnistes et de terroristes islamistes ou opérer un second coup d’Etat pour reprendre tous les atouts en main.


La transition sans les militaires passerait par un processus (ou arrangement) juridique permettant à la Cour constitutionnelle de proroger le mandat du Pr Dioncounda Traoré à douze mois. Ce qui aurait l’avantage non seulement de satisfaire à une exigence formulée par la CEDEAO, notre partenaire privilégié et incontournable, mais de réconcilier le Mali avec l’ensemble de la communauté internationale.
En revanche, un nouveau coup de force des militaires, qui ne se justifierait que par la seule volonté de hisser le capitaine Amadou Haya Sanogo dans le fauteuil présidentiel aux fins d’assouvir des appétits personnel, conduirait le pays au chaos et à la désintégration.
En effet, l’Union européenne, principal donateur financier du Mali, a fait savoir, par la voix de son Délégué résident Robert Zinc, reçu la semaine dernière en audience par le président intérimaire Dioncounda Traoré, qu’elle ne rétablirait son aide que si la transition était dirigée par des civils.
Les autres bailleurs au plan bilatéral, la France, les Etats-Unis, le Japon, de même que les institutions de financement telles que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) qui ont suspendu leur appui au développement depuis le renversement violent du régime ATT, le 22 mars dernier, demeurent sur la même position. Si, au tarissement prolongé des sources de financement venaient se greffer de nouvelles sanctions économiques et financières de la CEDEAO et de l’UEMOA, la situation serait intenable et pourrait donner lieu à des convulsions sociales dévastatrices comme on en a vu dans certains Etats africains dans les décennies passées.
Le pire, si l’on ose l’écrire, c’est que le Mali, dans l’état d’isolement et de bannissement dans lequel il se trouverait, n’aurait pas les ressources nécessaires pour se procurer la logistique dont son armée a, semble t-il, cruellement besoin pour espérer recouvrer les territoires perdus au nord. Il ne pourrait non plus compter sur qui que ce soit pour lui offrir généreusement cette indispensable logistique. Or l’acquisition de celle-ci relève de l’urgence. Plus vite la question du septentrion est réglée, mieux cela vaut pour le Mali.
Les salafistes algériens, les djihadistes ouest africains de tous poils ne sont plus seuls à parader dans Tombouctou et Gao. On parle de Pakistanais qui les ont rejoints. Demain ce seront des Afghans, des Yéménites, des Somaliens et bonjour les dégâts.
Quand on aime son pays et qu’on aspire au bonheur de ses concitoyens, comme le capitaine Sanogo s’évertue à le faire croire à travers les interviews télévisées qu’il multiplie ces derniers temps, on se garde de les entrainer vers une pareille catastrophe. Alors exit mon capitaine. Laissez la politique aux civils et allez vous occuper de libérer votre pays. C’est le métier que vous avez choisi.

Saouti Labass HAIDARA

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