Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Cuisine    Publicité
NEWS


Accueil
News
Politique
Article



Dernières dépêches


Comment

Politique

Concertation à Ouagadougou : Les acteurs s’expriment
Publié le mardi 17 avril 2012   |  Le Républicain


CEDEAO:
© Getty Images par DR
CEDEAO: Les leaders politiques et les militaires Maliens se retrouvent chez Compaoré.
14 avril 2012. Ouagadougou,Burkina Faso.Le Président Blaise Compaoré ,médiateur dans la crise Malienne a rencontré les militaires et les politiciens Malien pour réfléchir sur la sortie de crise.


Vos outils
height=28

PARTAGEZ


Les forces vives de la Nation malienne étaient autour d’une table avec le Médiateur de la Cedeao, samedi et dimanche, à Ouagadougou. Objectif : trouver une solution de sortie de crise. Deux points majeurs : la crsie du Nord et la transition politique. Des avancées certaines, mais aussi une réflexion qui continue pour trouver un Premier ministre et constituer un gouvernement de Transition. Notre dossier en pages 3, 6 et 7

* Le Pr. Younouss Hamèye Dicko

Les choses se sont bien passées à Ouagadougou. C’est pour moi l’occasion de remercier le chef de l’Etat burkinabé pour l’accueil que nous avons reçu pendant tout notre séjour qui s’est déroulé dans d’excellentes conditions. Nous avons tenu cette réunion sous la haute présidence du médiateur de la Cedeao, le président du Faso. C’est à travers son discours d’introduction, qu’il a relevé deux points sur lesquels on devait discuter. Le premier point concernait l’approfondissement de l’accord cadre, pour le deuxième point, il s’agissait du problème de la sécurité du Nord du Mali.

Les principaux points

Nous avons discuté des modalités de la nomination du Premier ministre. Il est évident que le Premier ministre doit être désigné d’un commun accord entre le Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat et le médiateur, le président du Faso. La question qui se posait était de savoir qui doit signer le décret de nomination du Premier ministre. Dans un premier temps, nous avons pensé que le Cnrdre et le médiateur pouvaient cosigner le décret, ce qui est une violation de la constitution, mais finalement, nous avons accepté que ce soit le président par intérim qui signe le décret de nomination du Premier ministre, c’était aussi une violation de la constitution, mais on s’est rabattu sur ce qui est plus proche de la constitution, car on a pensé qu’il fallait que ce soit une personnalité malienne qui désigne un Premier ministre du Mali. Par rapport à la période de transition, il nous est difficile, en tant que non experts en la matière, de nous prononcer sur la période, ne sachant pas combien de temps va durer le conflit au Nord. Ensuite, il nous a paru évident que les fonctions de président par intérim ne pouvaient être prolongées pour couvrir la période de transition. La loi ne permet pas que le président par intérim soit président de la transition. On a estimé qu’il ne pouvait pas être neutre. Concernant la suite des actions à mener, nous n’avons fait aucun chronogramme. C’est des choses qu’on doit revoir. Nous souhaitons qu’il y’ait une convention regroupant les forces vives de la nation pour définir la période de transition avec une programmation de cette période avec un président consensuel. Concernant la crise du Nord, nous en avons beaucoup parlé. Tout le monde veut que le pays récupère son septentrion. La majorité ne veut pas des troupes de la Cedeao. Si nos troupes ont besoin d’armements et d’équipements, il faut les leur donner.

Choix du Premier ministre

Nous ne pouvons dire s’il ya des gens pressentis pour être Premiers ministres. Nous avons vu dans les journaux qu’il il ya des Premiers ministrables. Il est évident qu’il ya beaucoup de Premiers ministrables. Personne ne nous a demandé de faire des propositions. Il faut des personnes d’expérience. Ce que nous craignons c’est qu’on aille chercher des ‘’étrangers ‘’, car on a tendance à aller chercher des gens de la Banque mondiale, de la diaspora, qui connaissent le Mali dans l’abondance et qui ne subissent pas les contre coups des aléas intérieurs. Il est important de choisir des gens qui sont expérimentés et compétents.

//////

* Rokia Sanogo

Pour nous, il s’agissait notamment de la mise en œuvre de l’Accord-cadre et de la mise en place des organes de la transition. L’important point obtenu est que le président par intérim ne sera pas le président de la transition. La question de l’organisation des élections dans les délais constitutionnels constitue un problème puisque la limite des 40 jours pour la durée de l’intérim est jugée courte. Toujours est-il qu’il a été convenu de nommer dans l’immédiat le Premier ministre. Les sujets notamment débattus aussi ont concerné la désignation du gouvernement et du président et le problème du Nord-Mali. La communauté internationale a été interpellée, en l’occurrence la Cedeao pour l’aide humanitaire et la restauration de l’intégrité territoriale. Il a été recommandé aussi à la Cedeao et à la médiation de s’activer pour la cessation des hostilités, le retour des déplacés, la préservation des droits de l’homme, conformément aux méthodes républicaines, la protection des populations civiles et l’arrêt des violences faites aux femmes et aux enfants. En outre, il a été retenu que les discussions relatives au président de la transition se fassent entre Maliens. Toujours est-il que tout sera placé sous l’égide de la mise en œuvre, par le Cnrdre et la médiation de la Cedeao. Concernant le Nord, les discussions ont porté sur le renforcement des capacités de l’armée. Pour les élections, le fichier électoral sécurisé est recommandé pour l’organisation d’élections libres. Il a été précisé aussi que le président de la transition, le Premier ministre, le gouvernement et le Cnrdre ne doivent pas être candidats à l’élection présidentielle.

////

* Me Kassoum Tapo, député à l’Assemblée nationale, membre du FDR / « Nous n’avons pas eu un accord sur le choix du président de la transition »

On a discuté pendant deux jours de la situation au Mali, de la double crise que nous vivons depuis un certain moment à savoir la crise au nord et celle institutionnelle. Concernant la première, on a besoin de l’appui de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de la communauté internationale. Là on a décidé d’abord de privilégier le dialogue avec les rebelles et des mécanismes qui ont été prévus pour ce faire. Ensuite ce qu’on ne souhaite pas, s’il y’a lieu, un appui militaire de la Cedeao et de la communauté internationale pour récupérer l’intégralité territoriale du Mali. C’est grosso modo ce qui a été dit sur le nord. Il y’a un couloir humanitaire qui doit être ouvert avec un fond humanitaire spécial. Ce fond sera destiné aux populations du nord qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles.

La deuxième chose maintenant, c’est la crise institutionnelle à savoir la transition qui va être ouverte après la période d’intérim. Là encore, il y’a des questions qui sont restées en suspend notamment, qui va diriger la transition après les quarante jours d’intérim ? C’est une question qu’on sera amener à gérer ultérieurement mais on s’est mis d’accord sur l’essentiel. L’essentiel, c’est la désignation d’un premier ministre et d’un gouvernement de large consensus qui aura à faire face aux deux problèmes majeurs du pays : le nord et l’organisation d’élection libre et transparente. Pour ce qui est du gouvernement qui sera formé, je pense que c’est pour continuer, on ne va pas former un gouvernement pour quarante jours et un gouvernement pour la transition. Je pense que le premier ministre et le gouvernement qui seront sur place seront également chargés de diriger la transition.

On n’est pas encore d’accord sur le président de la transition, mais mon point de vue personnel, je voie difficilement aller chercher une autre personnalité pour diriger cette transition d’autant que vous le savez dans cette affaire nous n’avons pas une liberté totale de manœuvre. Il y a quand même des règles qu’il faut respecter, il y’a la communauté internationale qui ne nous aidera pas si nous ne sommes pas dans la légalité constitutionnelle. Si nous n’avons pas quelqu’un qui représente le Mali d’une manière légitime et d’une manière légale, il est évident que nous n’aurons pas d’interlocuteur sur le plan international. C’est ce qui a été dit, d’éviter l’extrémisme d’une situation d’exception qu’on veut nous imposer à savoir, faire table rase et de l’Assemblée nationale et des parti politiques, de faire une convention nationale, de mettre le compteur à zéro, c’est de l’utopie. On est obligé de faire avec la constitution que nous avons. C’est par cette constitution que Dioncounda Traoré en qualité de président de l’Assemblée nationale, assure l’intérim. Il a sacrifié sa candidature parce qu’il a été recommandé que les dirigeants de la transition ne participeront pas aux prochaines élections, je ne vois pas pourquoi on va rechercher quelqu’un d’autre pour diriger la transition ?

/////

* Tièma Hubert Coulibaly, président du parti Udd et membre du Fdr

Nous nous sommes retrouvés à Ouagadougou avec le médiateur pour discuter sur la transition et voir l’opérationnalité des décisions des chefs d’États de la communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Les résultats communiqués à l’issus de la rencontre ont été négociés. Il y’a eu des divergences sur la nature de l’intervention de la Cedeao dans la crise au nord du Mali. Tan disque certains prônait l’intervention des troupes de la Cedeao pour mettre fin à l’agression des bandits armés, d’autres parlaient de la dotation de l’armée malienne en logistiques adéquates, soutenant que le Mali a suffisamment d’éléments pour faire face à la crise au nord. A mon avis, la solution qui mettra fin totalement à cette crise est de mater la rébellion car si le dialogue en servait à quelque chose, on n’en serait pas à ce stade. Voire former des résistances populaires dans certaines zones. Des divergences ont été constatées, également par rapport à la durée et la composition de la transition.

/////

* Ousseny Amion Guindo / « Globalement Ouagadougou a été positif »

Nous sommes partis le 13 avril à Ouagadougou à l’invitation du médiateur de la CEDEAO, le président Blaise Compaoré, c’était pour une conférence des forces vives du Mali, pour traiter de la double crise sécuritaire et politique que vit notre pays. Il y a eu de grands acquis, surtout la question sécuritaire. S’il y a une question qui a fait l’unanimité à Ouagadougou, c’est bien celle relative à la sécurité. Nous nous sommes accordés avec la CEDEAO et désormais la communauté internationale s’engage à soutenir le Mali pour la restauration de son intégrité territoriale. Cela constitue le plus gros problème auquel le Mali doit faire face. Nous avons eu beaucoup d’apaisements. La question sécuritaire ne concerne pas seulement le Mali, nous a-t-on dit, pour la simple raison qu’elle peut déborder de nos frontières pour menacer toutes la sous région. Donc, la résolution de ce problème implique aujourd’hui la communauté internationale. Dans les analyses, certains avaient estimés qu’il serait préférable de doter les forces armées maliennes de matériels et en renseignements, afin qu’elles libèrent le territoire. Mais, compte tenu du pourrissement de la situation et de toutes les implications géopolitiques et stratégiques, il nous a été dit que le traitement dépasse les compétences du seul Mali et intéresse toute la sous-région et la communauté internationale, à travers la lutte contre le terrorisme. Il y a eu unanimité sur ce point. C’est pourquoi la crise sécuritaire occupe la première place dans la déclaration. Les débats ont été très houleux sur la crise institutionnelle. Les gens ne se sont pas forcement attendus. Le médiateur a été très sage en ne retenant que les points de convergence. Par rapport au délai de la transition, il a été convenu que le Mali restaure son intégrité et que les conditions soient réunies pour l’organisation d’élections crédibles. Pour l’instant, à ce niveau le débat n’est pas terminé. Par rapport à la question de l’intérim liée à celle de la transition, les débats ont été très houleux. Il est clair pour le médiateur que la communauté internationale n’accepterait pas que le Président du CNRDRE dirige la transition, parce que cela nous éloignerait de la constitution, quand bien même qu’elle a des limites. Mais, il n’y a eu aucune autre alternative à cela. Et, il a été recommandé de respecter strictement l’accord cadre. Et, c’est dans ce contexte que ceux qui étaient contre la prolongation du mandat des députés de l’Assemblée nationale, ont revu leur position. Mais, un cadre de suivi et d’évaluation de l’accord cadre sera mis en place et composé des forces vives du pays. Globalement Ouaga a été positif. Pour moins de 48 heures de débats, il ya eu un gros boulot. Le problème le plus urgent a prendre en charge qui reste la situation sécuritaire du pays, a fait l’objet d’un accord. Pour le reste, les discussions vont continuer, jusqu’à ce qu’on ait une stabilité institutionnelle dans notre pays.

///

* Mahmoud Dicko président du Haut Conseil Islamique du Mali / « A Ouagadougou, la sagesse a pris le pas sur la passion »

Il s’agissait de notre deuxième passage à Ouagadougou. Les leaders religieux, avaient pris l’initiative, nous-mêmes, de partir une première fois pour essayer de débloquer la situation, parce que les sanctions planaient. Par la grâce de Dieu, nous avons pu faire en sorte que le dialogue ait été renoué avec la Cedeao et par la suite l’accord cadre a été trouvé. Aujourd’hui, il s’agit de la mise en œuvre de cet accord cadre. C’est vrai qu’à Ouagadougou, la situation était difficile, souvent crispée au début, parfois tendue. Cela se comprend, il s’agit de grands enjeux, c’est du Mali qu’on discute. Mais par la suite, la sagesse a pris le pas sur la passion. Je crois qu’on est sorti avec une déclaration [lire en page 5], qui est un pas important. Et il faut s’en féliciter. La déclaration souligne le fait que tout le monde est d’accord qu’il faut très rapidement nommer un premier ministre et faire un gouvernement pour que le Mali puisse vraiment redémarrer, et que la communauté internationale puisse trouver des interlocuteurs valables. Il faut aussi ouvrir un corridor humanitaire tout de suite, pour ravitailler le nord. Ce sont des avancées que je pense possible, et c’est ce qui a été décidé à Ouagadougou.

La leçon de Ouagadougou, c’est qu’aujourd’hui il y a une volonté de tous les acteurs de trouver une solution heureuse à ce problème, qui n’a que trop duré. Et cela se sent par la prise de position de tout un chacun. Il faut saluer aussi les membres du Cnrdre pour l’esprit de patriotisme, dont ils ont fait montre depuis la signature de cet accord cadre jusqu’ aujourd’hui. Et ensuite, il faut saluer tous les partis politiques et la classe politique qui est entrain de mettre beaucoup d’eau dans son vin pour qu’on puisse trouver une solution heureuse.`

/////

* Moussa Mara / « La déclaration fixe comme priorité absolue les questions humanitaires du nord »

Je suis optimiste de nature. Je préfère retenir ce qui est positif : nous nous sommes parlé. C’est la première fois que tous les acteurs de la crise que sont CNRDRE, leaders religieux, société civile, partis politiques, se retrouvent à un même endroit pour évoquer leurs compréhensions et propositions de sortie de crise. Le deuxième élément, c’est que la rencontre a permis aux uns et aux autres de s’accorder sur la nécessité de régler certaines questions compliquées par le dialogue. On ne peut pas faire du « tout constitution » pour résoudre tous les problèmes relatives à cette crise, parce qu’il y a de nombreux éléments qui ne sont pas prévus par la constitution. On ne peut pas faire non plus du « tout accord cadre » pour régler tous les problèmes, d’autant que l’accord cadre par définition est un accord qui a besoin d’être complété. Les gens ont convenus de se parler pour essayer de trouver les solutions intelligentes, consensuelles, pour régler les problèmes. Le troisième élément, qui est important, c’est que la déclaration fixe une cadence. Il ya une cadence où on va nous demander de nous rencontrer rapidement pour régler les questions relatives à la gestion de la transition, à la Présidence de la transition, à la durée de la transition et au contenu de la transition.

La déclaration fixe comme priorité absolue les questions humanitaires du nord. Le contenu est très fort à l’endroit de la CEDEAO, de la Communauté internationale, des groupes armés, pour qu’on puisse aller à une résolution dans la mesure du possible pacifique. Il vise à abréger les souffrances de nos compatriotes le plus rapidement possible et qu’on puisse nous engager sur une voie qui va amener une bonne foi pour toute la résolution de tous les problèmes, relatifs au nord. Il y a une base dans cette déclaration. Je suis animé d’un réalisme teinté d’optimisme qui va nous permettre à régler cette crise si tout le monde joue le jeu.

Propos recueillis : Moussa Samba Diallo ; Hadama B. Fofana, Assane Koné et Baba Dembélé

LIENS PROMOTIONNELS






Autres articles