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Issoufou Mahamadou à Agadez: Les chantiers de l’Aïr
Publié le lundi 21 septembre 2015  |  Le Républicain
Bruxelles:
© AFP par DR
Bruxelles: 4eme sommet UE-Afrique
Le quatrième sommet Union européenne-Afrique s`est ouvert ce mercredi 2 avril 2014 à Bruxelles (Belgique). Il réunit une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains ainsi que leurs homologues européens. Photo: Issoufou Mahamadou, président de la république du Niger.




Un petit retard de trente minutes sur l’heure prévue du départ, mais bon pour prévu pour déguster le premier expresso du matin et traîner le regard sur turbans et boubous des accompagnateurs et des membres de la délégation. Puis l'embarquement. Sur le tarmac deux avions frappés aux couleurs du Niger : le boeing737 BBJ présidentiel et un bombardier 400 de Niger Airlines. C’est le premier appareil de la nouvelle compagnie qui relie trois fois par semaine Niamey aux principales villes de ce pays grand comme trois fois la France. 1h30 d’un vol calme malgré des reliques de nuages (la veille une pluie bienfaisante a arrosé le Sud du pays) et quelques turbulences au dessus de l'Aïr montagneux.

Et voici Agadez,
L’Aéroport Mano Dayak : un atterrissage soft puis les voitures pour traverser la légendaire Agadez. Agadez est la francisation, semble t-il de Egdez (visiter) en kel tamasheq. C’est la ville emblématique des Touareg du Niger. A 900 km de Niamey, au croisement du Sahara et du Sahel, le nom convoque l’Histoire et ses mythes : les processions à perte de vue des chameaux déchargeant le sel ; l’étoffe et le mil dans le hub commercial qu’Agadez était au XIè siècle déjà. Quid de la célébrissime mosquée de la ville généralement évoquée avec les mosquées de Tombouctou et de Djenné.

Des récits de Léon l’africain puis de Heinrich Barth. De la cure salée de Ingal où vachers bororos et chameliers peulh se donnent rendez-vous au sortir de l’hivernage. Et plus récemment des vols charters qui reliaient l’Europe à l’Aïr avant la triste dépression du secteur touristique causée par les aléas sécuritaires de l’espace sahélo-saharien ; la douloureuse parenthèse du cycle des rébellions que les populations et l’Etat espèrent fermées à jamais. Va pour le passé ! Pour le présent, Agadez est la principale ville du Nord du Niger, dans la région du même nom, vaste de plus de 600 000 km2 (soit la moitié du Niger) pour une population de l’ordre de 500 000 habitants.


L’ambition est la boucle de l’Aïr

La ville d’Agadez qui compte 150 000 résidents est très cosmopolite et elle brasse Hawsa, Touareg, Djerma, Peul, Kanuris. Plate et étirée, elle aligne échoppes, ateliers, garages, maisons de passage, restaurants et hôtels de standings variés. Le visiteur est étonné par le nombre de voitures et de motos sur les routes et ne peut pas ne pas attarder son regard sur les taxis à trois roues jaunes et noirs. Il est évident que les ristournes de l’uranium sont passées par là. Une ville de négociants sans doute. Ce vendredi, le président du Niger est à Agadez pour donner le coup de pioches à la Rta.

La Rta est l’abréviation pour Réhabilitation de la route Tahoua-Arlit, un des projets du programme de Renaissance du Niger lancé par Issoufou Mahamadou à son élection en 2011. Du beau monde s’est retrouvé pour la circonstance au carrefour de la route de Tahoua : conseillers municipaux, gouverneur, ministres, diplomates, citoyens ordinaires. Même le Sultan d’Agadez dont le visage est partiellement caché par le litham des grandes occasions. Maire, gouverneur et ministre en charge des travaux publics connaissent par cœur les projets et ne se privent pas de rappeler les efforts de désenclavement local réalisés en quatre ans sous le président sortant (la présidentielle est prévue en février prochain).

Si les chantiers du jour concernent la réhabilitation de la route Tahoua-Agadez, Agadez-Arlit et dix km de voirie à Agadez, les réalisations et ambitions dans le cadre de la « Boucle de l’Aïr » sont rappelées : transsaharienne Assamaka-Arlit, liaison Agadez- Zinder, route Gatroun-Toummo-Madama –Dirkou-Agadez, et route des Istamboulawa devant relier Agadez-Timia-Iférouane-Gougaram-Arlit. Plusieurs discours saluant les réalisations récentes. Et une réponse du président nigérien dans une langue à laquelle le reporter n’a rien compris. Mais deux constats. Le premier : il y a eu des applaudissements. Le second : la condition sahélienne n’est pas une fatalité quand la paix existe. Et quand on est Malien, dire cela est une forme de prière.

Adam Thiam, de Agadez
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