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Mali: le tumultueux parcours des rebelles touaregs du MNLA
Publié le samedi 9 fevrier 2013  |  L’Express


© AFP
Première rencontre de la rébellion malienne du MNLA avec le médiateur Compaoré
Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (R), leader d`une équipe du Mouvement de libération nationale de l`Azawad (MNLA) parle a un meeting avec les délégués touareg Ibrahim Ag Mohamed rebelles Asseley (C) et Hassane Ag Mehdy (L) à Ouagadougou


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Les rebelles du MNLA s'étaient lancé, en janvier 2012, dans une offensive aux côté de groupes islamistes armés afin de s'emparer des villes du nord Mali et proclamer l'indépendance. Ils combattent aujourd'hui leurs anciens partenaires en appui à l'armée française. Comment expliquer ce retournement?

Le MNLA représente une minorité au sein d'une communauté elle-même largement minoritaire au Mali, de 300.000 à 500.000 personnes sur 14 millions d'habitants. il a ses entrées en France où ses responsables sont reçus au ministère des Affaires étrangères et sur les plateaux de télévision, ce qui a sans doute contribué à donner une vision déformée de son emprise sur le terrain..

A l'orrigine, le parrainage de Kadhafi

Fort de son pactole pétrolier, le colonel Kadhafi, qui se voyait en "guide" non seulement de la "Grande Jamahiriya (République) arabe libyenne populaire et socialiste", mais aussi de toute l'Afrique, instrumentalise les Touaregs, ce peuple éparpillé sur cinq pays par les frontières de la colonisation, pour déstabiliser ses voisins. Dans les années 1970, Il recrute des "hommes bleus", nomades marginalisés par les pouvois centraux et appauvris par des sécheresses à répétition,

Le colonnel Kadhafi forme militairement les Touaregs, réputés pour leur tradition guerrière: Certains sont expédiés au Tchad ou au Liban. Nombre de Touaregs sont intégrés à l'armée libyenne au sein d'une "légion islamique". Après le soulèvement qui a démarré à Benghazi au printemps 2011, quand les choses commencent à mal tourner pour leur parrain libyen, plusieurs centaines des ces soldats prennent, à l'automne 2011, la route du Mali, dévalisant au passage quelques arsenaux. Ils s'unissent à de jeunes militants indépendantistes qui ont créé en un an plus tôt le Mouvement national de l'Azawad. Cette fusion donner naissance, en octobre 2011, au Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), qui revendique l'indépendance du Nord du Mali.

La naissance d'Ansar Eddine

Un dirigeant touareg historique, Iyad Ag Ghaly, ancien lui aussi de la "légion islamique" libyenne, qui a depuis versé dans le salafisme au contact de prédicateurs pakistanais, revendique le commandement militaire du MNLA, Devant le refus de ce dernier, il fonde son propre mouvement, Ansar Eddine (Défenseurs de la religion).

Auréolé de son prestige passé, Ag Ghali ramène dans son orbite quelques jeunes Touaregs proches d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des djihadistes confirmés.
Parrallèlement, apparaît, également à l'automne 2011, un autre groupe armé, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), formé d'activistes maliens et mauritaniens noirs qui se réclament eux aussi d'Al Qaïda.

L'alliance avec Ansar Eddine

Le 17 janvier 2012, le MNLA lance une offensive surprise et prend plusieurs villes du nord-est du Mali, Ménaka, Aguelhok, Tessalit. Pour mener cette attaque, le MNLA, qui se dit laïque, s'allie au Groupe Ansar Eddine. L'armée malienne, sous-équipée, est rapidement défaite face à ces combattants aguerris et fortement armés. Les rebelles sont rejoints par des soldats touaregs de l'armée malienne en déroute.

Lors de l'offensive de janvier 2012, des exactions sont commises, en particulier à Aguelhok, où une centaine de soldats maliens sont exécutés.

Le manque de moyens de l'armée malienne est à l'origine du coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako. Les putschistes dénoncent l'abandon des soldats dans le Nord.

L'indépendance ... la charia, et l'éviction

Profitant du chaos dans la capitale malienne, les rebelles poursuivent leur avancée. Le 30 mars, Ansar Eddine, le MNLA et des éléments d'Aqmi s'emparent de Kidal, puis de Gao. Le 1er avril, Tombouctou tombe à son tour aux mains du MNLA, qui proclame l'indépendance.

Mais dès le lendemain, le mouvement se fait déloger par les djihadistes d'Ansar Eddine et d'Aqmi. Le MNLA perd peu à peu des positions face aux groupes islamistes armés qui prennent le contrôle effectif des principales villes. Ces derniers instaurent la loi islamique (charia) et marginalisent le MNLA avant de l'évincer totalement fin juin.

En octobre 2012, alors que se prépare le déploiement d'un contingent ouest-africain sous mandat onusien, le MNLA se dit prêt à revenir sur sa revendication d'indépendance et se contenter d'un "droit à l'autodétermination". Un mois plus tard, sous la pression de l'Algérie, hostile à une intervention étrangère, des dirigeants d'Ansar ed-Dine annoncent vouloir dialoguer, puis s'engagent, en décembre, à cesser les hostilités. Ils sont désavoués par Iyad Ag Ghaly qui décide, début janvier de lancer une offensive vers le sud du pays. Cet assaut précipite l'intervention française, le 11 janvier 2013.

Le retour du MNLA, partenaire de l'armée française

La rapide progression de l'armée française, entraîne une scission au sein d'Ansar Eddine. Une partie de ses membres, qui prend le nom de Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) appelle à une "solution pacifique" pour régler le conflit. Ce groupe rejette "toute forme d'extrémisme et de terrorisme" et "s'engage à combattre" ses anciens partenaires.

Parallèlement, dans Kidal et sa région, berceau des Touaregs, l'arrivée de l'armée française fin janvier redonne un second souffle au MNLA qui s'installe dans la ville sans combattre après la fuite des djihadistes. A Kidal, le MNLA cohabite avec les islamistes touaregs du MIA. Il fait aussi son entrée dans la ville de Ménaka, à 80 km de la frontière nigérienne.

Désormais, les rebelles du MNLA disent vouloir aider les forces franco-africaines à combattre les chefs et combattants djihadistes, dont Iyad Ag Ghaly, repliés plus au nord, dans le massif des Ifoghas.

Le MNLA semble avoir obtenu qu'aucun soldat malien ne vienne dans la zone -ce sont 1800 soldats tchadiens qui sécurisent la ville de Kidal-. Il craint en effet les représailles des soldats maliens contre les Touaregs, après un an de conflit dans la région, et des décennies de de l'armée malienne contre les "peaux rouges" touaregs.

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