Économie
AIR Afrique !L’assassinat prémédité d’un symbole africain au profit d’Air France
Publié le vendredi 20 decembre 2024 | L’Inter de Bamako
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L’histoire d’Air Afrique n’est pas une simple faillite économique.C’est une tragédie orchestrée, une humiliation calculée, un crime colonial déguisé en gestion d’entreprise.Cette compagnie, qui portait les rêves et l’espoir de tout un continent, a été méthodiquement sabotée, étranglée, puis sacrifiée sur l’autel des intérêts français.Créée en 1961 par onze États africains:Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, le Gabon, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.Air Afrique était plus qu’une compagnie aérienne.C’était un étendard de souveraineté, une déclaration d’indépendance face à la tutelle coloniale.Mais dès le départ, la France avait planté ses crocs dans cette ambition.Air France, actionnaire stratégique, se positionnait en “partenaire”.Mais en réalité, elle tirait les ficelles.Chaque décision stratégique passait par elle, chaque route rentable était disputée, chaque mouvement contrôlé.Air Afrique n’a jamais vraiment été libre.Quand on parle de gestion, il ne faut pas se voiler la face:Oui, il y a eu des erreurs internes, des nominations politiques absurdes, des dépenses excessives.Mais derrière ces failles, il y avait surtout un jeu de manipulation sophistiqué.Air France, sous couvert d’assistance technique, imposait des contrats désavantageux, détournait les meilleures opportunités et s’assurait qu’Air Afrique ne devienne jamais une véritable menace.Les routes stratégiques les plus lucratives ?Elles revenaient à Air France.Les formations des cadres ?Contrôlées par Air France.Résultat ?Une dépendance totale et un affaiblissement progressif, planifié avec une précision chirurgicale.En 1999, sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, un plan dit de “sauvetage” a été signé à Libreville. Mais en réalité, c’était une condamnation déguisée.Ce plan a permis à Air France de renforcer son emprise sur la compagnie, imposant des licenciements massifs, la suppression des lignes, et un redécoupage qui laissait Air Afrique exsangue.Pendant ce temps, Air France, elle, se frottait les mains, récupérant les routes abandonnées et consolidant son monopole.En 2002, la sentence est tombée:LIQUIDATION TOTALE.Plus de 300 millions de dollars de dettes, des milliers d’emplois perdus, et un continent laissé sans voix.Ce qui aurait pu être une leçon d’indépendance économique est devenu une preuve supplémentaire que l’Afrique, dans les yeux de certains, n’est qu’un terrain de jeu où tout est permis.Ce qui révolte le plus, ce n’est pas seulement la perte économique.C’est la symbolique. Air Afrique, c’était l’Afrique qui s’élève, qui prend son envol.Mais ce rêve a été abattu en plein ciel, sous les applaudissements silencieux d’un système qui refuse de voir l’Afrique debout.Air France règne en maître sur les cieux africains, consolidant ce monopole bâti sur les décombres d’un symbole africain.Pendant ce temps, les anciens États actionnaires d’Air Afrique continuent de mendier des miettes.Cette histoire n’est pas qu’un échec.C’est une honte.Une insulte.Une trahison.Et ceux qui l’ont orchestrée le savent parfaitement.Ibrahima MAÏGA
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